27 mai 2020

Tout s’explique

Les dernières découvertes scientifiques sur le Covid-19

Combien de temps l’immunité dure-t-elle ?

Une étude publiée hier par l’Institut Pasteur, spécialisé dans les maladies infectieuses, et le CHU de Strasbourg montre que la plupart des patients atteints du Covid-19 développent des anticorps qui protègent d’une réinfection au moins jusqu’à six semaines après l’apparition des symptômes. La quasi-totalité des 160 participants à l’étude, des soignants des hôpitaux de Strasbourg testés positifs au Sras-CoV-2 et qui ont développé des formes légères de la maladie, ont présenté des anticorps aptes à neutraliser le virus entre 28 et 41 jours après le début des symptômes. « On savait que les personnes atteintes de formes sévères de la maladie développaient des anticorps dans les 15 jours qui suivaient le début des signes. On sait maintenant que c’est également vrai pour ceux qui font des formes mineures », commente l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, un des auteurs de l’étude.

Que disent les dernières études sur la transmission du virus ?

Le Sras-CoV-2 se propage principalement dans des milieux clos à partir d’un nombre réduit de personnes contagieuses, selon des données compilées par la revue américaine Science le 19 mai. Cité par la revue, le virologue Jamie Lloyd-Smith affirme que « la plupart des gens ne transmettent pas le virus ». En revanche, un faible nombre de personnes atteintes a un potentiel de transmission jusqu’à plusieurs dizaines de personnes. Une prépublication du 9 avril de l’École d’hygiène et de médecine tropicale de Londres estime que 10 % des cas sont à l’origine de 80 % des contaminations. « Le nombre effectif de transmissions pourrait être considérablement réduit en prévenant les événements de superpropagation », conclut Akira Endo, principal auteur de l’étude. Plusieurs études ont montré que le virus s’était notamment répandu lors d’événements à huis clos, où les personnes infectées ont eu un contact rapproché et prolongé, comme des célébrations religieuses, des concerts en intérieur, des soirées en boîte de nuit, etc.

Quel est le premier bilan du déconfinement ?

Deux semaines après la levée du confinement, « les indicateurs sont très favorables », a affirmé lundi Geneviève Chêne, directrice générale de Santé publique France, un organisme public. Ces indicateurs se concentrent sur le taux d’hospitalisation, le nombre de patients en réanimation et le taux de contamination. « Le coronavirus est toujours là, mais sa circulation reste faible », souligne-t-elle. Le chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, Philippe Juvin, estime que le pays doit attendre « mi-juin, fin juin » avant de pouvoir dresser un bilan, en raison de la période d’incubation de la maladie, et souligne que l’épidémie peut reprendre si les nouveaux foyers ne sont pas détectés rapidement. En Italie, le nombre de personnes en réanimation baisse depuis début avril et ne montre pas de signe de reprise depuis la fin du confinement strict le 3 mai. Toutefois, le nombre de nouveaux cas sur les lieux de travail est en augmentation, en particulier dans le secteur médical, selon l’Institut italien d’assurance contre les accidents du travail.