2 juin 2020

Tout s'explique

Manifestations contre les violences policières aux États-Unis

Qu’a annoncé Donald Trump pour contenir les manifestations ?

Le président américain, Donald Trump, a annoncé hier soir le déploiement de milliers de soldats et de policiers dans la capitale américaine, Washington, et a appelé les gouverneurs à solliciter la garde nationale, un réseau de réservistes, pour « dominer les rues ». Des manifestations ont eu lieu dans plus d’une centaine de villes contre les discriminations raciales depuis la mort le 25 mai de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, après une interpellation par la police. La garde nationale a déjà été déployée dans 21 États, selon un décompte du New York Times. Après des saccages, des couvre-feux ont été instaurés dans une quarantaine de villes, comme Washington, New York et Los Angeles. Deux autopsies de George Floyd, l’une menée par un médecin légiste d’un comté de l’État du Minnesota et une autre commandée par sa famille, ont conclu hier que son décès constituait un homicide. Arrêté vendredi, le policier qui a procédé à son interpellation, Derek Chauvin, est poursuivi pour homicide involontaire.

Quelles pratiques policières sont dénoncées ?

Le gouverneur démocrate de New York, Andrew Cuomo, a affirmé hier que « l’utilisation excessive de la force par la police devrait être interdite au niveau national ». En 1967, la Cour suprême, la plus haute juridiction américaine, a introduit la doctrine de « l’immunité qualifiée » après un cas de violences policières dans le Mississippi. Elle confère l’immunité à un policier poursuivi pour un usage excessif de la force lorsque celle-ci a été employée « de bonne foi » et avec « un motif raisonnable ». Selon une enquête de l’agence Reuters publiée le 8 mai, plus de la moitié des 252 policiers jugés pour un usage excessif de la force entre 2015 et 2019 ont bénéficié de cette doctrine et n’ont pas vu leur responsabilité engagée.

Comment est organisé le système policier aux États-Unis ?

Il n’existe pas d’organisation unique au niveau national de la police aux États-Unis. Celle-ci est décentralisée avec des services au sein des municipalités, des comtés, des États, en plus de l’État fédéral. « Il existe des milliers d’agences avec des règles différentes. Les standards peuvent donc varier d’une ville à l’autre, car la police est en grande partie organisée et gérée par les autorités locales élues », a expliqué dimanche au Monde Jesse Jannetta, chercheur spécialiste des questions de police au groupe de réflexion Urban Institute de Washington. Il souligne le rôle « protecteur » des conventions collectives, signées entre les syndicats de policiers et les collectivités, qui « ne facilitent pas les procédures pour que les policiers soient tenus responsables de leurs actes ». Selon les termes de ces contrats, des fonctionnaires de police peuvent par exemple être réintégrés après avoir été suspendus, voire licenciés.