3 juin 2020

Tout s'explique

Les alliances politiques pour le second tour des municipales

Comment fonctionnent les fusions de listes entre les deux tours ?

Le dépôt des listes pour le second tour des élections municipales, prévu le 28 juin, est clôturé depuis hier soir. Le scrutin doit se tenir dans près de 5 000 communes, où 16 millions d’électeurs sont appelés à voter, soit 39 % du corps électoral. Dans les communes de plus de 1 000 habitants, seules les listes qui ont obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés au premier tour peuvent se maintenir au second. Une liste qui a recueilli au moins 5 % des suffrages exprimés peut fusionner avec une liste maintenue au second tour. Les candidats doivent alors se mettre d’accord sur la composition de la nouvelle liste. Si une liste choisit de se désister, ses candidats peuvent être accueillis sur une autre liste qui se maintient. Il en est de même pour les candidats d’une liste qui a obtenu au moins entre 5 % et 10 % des suffrages exprimés au premier tour et qui ne peut se maintenir.

Quelles alliances a conclues La République en marche ?

Le parti de la majorité présidentielle, La République en marche (LREM), a conclu plusieurs alliances en vue du second tour des municipales. Ces alliances sont nouées à droite ou à gauche selon les villes. Ainsi, des listes LREM ont fusionné avec des listes Les Républicains (LR) à Bordeaux, Strasbourg ou Clermont-Ferrand. Des candidats LREM se sont désistés, comme à Lyon, Perpignan ou Rouen. Des listes LREM ont noué des alliances avec des listes de gauche, à Nîmes et à Auxerre. La plupart des listes LREM ont cependant fait le choix de se maintenir au second tour, comme à Paris. Aucune stratégie nationale d’alliances n’a été dictée par le parti dans cet entre-deux tours. Le délégué général de LREM, Stanislas Guerini, a déclaré dimanche dans Le Parisien que la « priorité nationale est de tout faire pour éviter que le Rassemblement national ne gagne. Partout où cela arrive, nous nous retirerons ». LREM n’est arrivé qu’en troisième position au premier tour du scrutin dans les trois plus grandes villes, Paris, Lyon et Marseille.

Quelle est la stratégie d’Europe Écologie-Les Verts ?

Europe Écologie-Les Verts (EELV), allié traditionnel du Parti socialiste (PS), a fusionné avec les listes PS à Paris, Nantes et Rennes en vue du second tour des municipales. Mais dans plusieurs communes, les négociations entre les deux partis n’ont pas abouti. À Lille, les listes PS et EELV, qui sont arrivées première et deuxième au premier tour, ne sont pas parvenues à s’entendre. À Grenoble, le maire sortant écologiste, Éric Piolle, dont la liste est arrivée en tête du premier tour avec 46 % des suffrages, a refusé de faire alliance avec la liste PS, arrivée quatrième avec 13 % des voix. EELV a enregistré plusieurs succès lors du premier tour des municipales, arrivant pour la première fois en tête à Bordeaux, à Strasbourg ainsi qu’à Besançon, et était en mesure de se maintenir au second tour dans 122 villes, soit six fois plus qu’aux élections municipales de 2014.