3 juin 2020

C'est leur avis

Les affaires Adama Traoré et George Floyd

Plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées hier à Paris, Marseille ou Lille, à l’appel de la famille d’Adama Traoré, un homme noir de 24 ans mort après son interpellation en 2016. Les rassemblements visaient à dénoncer les violences policières et le racisme, en écho aux manifestations en cours aux États-Unis. Pour l’éditorialiste politique de France Inter Thomas Legrand, s’il existe un racisme dans les polices française et américaine, les deux affaires ne peuvent être comparées.

« La cruauté filmée et assumée de l’assassinat de George Floyd n’a rien à voir avec la pratique, même contestée, du plaquage ventral. Autre différence : aux États-Unis, à la tête de l’État, il y a un président qui soutient ouvertement des mouvements racistes. La notion de l’ordre, plus largement, aux États-Unis, aboutit à ce que la police tue plus de 1 000 personnes par an. Un chiffre démentiel pour une démocratie. Mais dans nos deux pays, un racisme post-esclavage ou post-colonial a toujours empoisonné les rapports sociaux. En France, il percute l’idéal républicain sans cesse réaffirmé, mais sans cesse démenti par une situation, par endroit, de ghettoïsation et de ségrégation de fait. Ni les conceptions communautaristes américaines ou universalistes françaises n’ont pu endiguer ce fléau. » Thomas Legrand