5 juin 2020

Tout s'explique

L’état de l’épidémie de Covid-19 en France et dans le monde

Où en est l’épidémie de coronavirus en France ?

« L’épidémie est contrôlée », a affirmé ce matin sur France Inter Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique qui conseille l’exécutif sur la crise liée au Covid-19. « Le virus continue à circuler, notamment dans certaines régions comme Paris, mais il circule à petite vitesse », avec près de 1 000 nouveaux cas chaque jour contre 80 000 début mars, a-t-il ajouté. 75 foyers de contamination sont actifs actuellement sur le territoire, selon un avis du conseil scientifique du 2 juin. Dans cet avis, il recommande de se préparer à quatre scénarios de l’évolution de l’épidémie, allant de « l’épidémie sous contrôle » à une « perte de contrôle de l’épidémie ». « Le scénario numéro un est le plus probable », mais « il faut conserver les mesures de distanciation assez longtemps », prévient Jean-François Delfraissy.

Pourquoi l’Allemagne a-t-elle mieux géré la crise que la France ?

Le conseil scientifique souligne dans son avis [PDF] que le nombre de morts pour 100 000 habitants est comparable en France (42) et en Italie (54), mais plus faible en Allemagne (10). Le président du conseil scientifique estime sur France Inter que « l’Allemagne a mieux géré la crise que nous », ce qu’il attribue à deux facteurs. Le premier est l’utilisation des tests de dépistage. Dès le début de février, l’Allemagne utilisait « autour de 60 000 tests de diagnostic par jour », tandis qu’en France, seuls « 3 000 tests de diagnostic par jour » étaient réalisés début mars. Autre facteur : l’Allemagne n’a pas connu de « cluster » (foyer épidémique) de l’ampleur de celui de Mulhouse en France, où s’étaient rassemblés 2 000 fidèles d’une église évangélique mi-février. « La France serait probablement plus proche de l’Allemagne si nous n’avions pas eu ce cluster majeur de Mulhouse, qui a disséminé dans l’ensemble de la France », souligne Jean-François Delfraissy.

Dans quelles régions du monde l’épidémie est-elle la plus active ?

L’Organisation mondiale de la santé, une agence de l’ONU, a déclaré mercredi être « particulièrement inquiète » de la situation sanitaire en Amérique centrale et en Amérique du Sud, « où de nombreux pays témoignent d’une accélération de l’épidémie ». Le Brésil est devenu le deuxième pays le plus touché en nombre de cas, avec près de 615 000 cas, et le troisième en nombre de morts, avec plus de 34 000 décès, dont 1 500 décès ces dernières 24 heures, selon l’université américaine Johns Hopkins. L’Afrique est en revanche relativement épargnée par l’épidémie. Hier, l’agence de santé publique de l’Union africaine a rapporté 163 500 cas, dont 4 600 décès, pour un continent qui compte 1,3 milliard d’habitants. « La population est en moyenne plutôt jeune sur le continent et la proportion de plus de 65 ans est très faible », a avancé comme hypothèse Éric D’Ortenzio, épidémiologiste à l’Inserm, un institut de recherche médical public, dans une interview publiée hier dans le site The Conversation.