5 juin 2020

C'est leur avis

Le poids de plus en plus fort de la BCE

La Banque centrale européenne a annoncé hier qu’elle ajoutait 600 milliards d’euros à son programme de 750 milliards d’euros d’achat de dette annoncé en mars. Dans le quotidien économique allemand Handelsblatt, le journaliste Frank Wiebe estime que la politique monétaire remplace en partie la politique budgétaire, mais souligne qu’elle n’est pas décidée par des élus.

« La Banque centrale européenne a considérablement augmenté son programme de crise. C’était prévisible. […] En même temps, un problème structurel s’aggrave : les politiques monétaire et budgétaire se développent ensemble. La politique monétaire pallie en partie l’absence de politique budgétaire. C’est particulièrement le cas dans la zone euro, où l’UE n’a pas de budget courant, même s’il y a désormais un plan de relance unique en route. […] L’ensemble des résultats des politiques monétaire et budgétaire n’est donc que partiellement légitimé démocratiquement, car les banques centrales agissent comme des institutions technocratiques sans élus. Ce n’est pas agréable. […] Les autorités monétaire et budgétaire doivent se parler et s’écouter – régulièrement et d’égal à égal. » Frank Wiebe