15 juin 2020

C’est leur avis

Le risque du Taser dans la police

Le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a jugé mercredi dernier le pistolet à impulsion électrique (PIE), type Taser, « très utile pour procéder à des interpellations sans contact », après l’annonce de l’abandon de la méthode de prise par le cou lors des interpellations. Auteur d’un essai sur les armes non létales, Paul Rocher estime dans Libération que celles-ci font courir le risque d’une violence accrue.

« La présence de telles armes dans l’équipement des policiers leur donne une confiance accrue dans leur capacité à gérer une situation par la force. Car en suggérant la non-létalité, ces armes conduisent à déresponsabiliser leurs utilisateurs des conséquences de leurs actes. Par conséquent, la disponibilité de l’arme non létale augmente le niveau de violence employé par les forces de l’ordre. […] Si l’interdiction de la technique d’étranglement est incontestablement un succès de la mobilisation contre le racisme et les violences policiers, il est moins sûr que le débat sur les violences policières disparaîtra. […] Au moment où des villes américaines s’engagent dans la voie du démantèlement de la police, le gouvernement français mise sur davantage d’armes. Au lieu d’apaiser la société, cette décision accentuera les tensions existantes. » Paul Rocher