16 juin 2020

Tout s'explique

La Corée du Nord détruit son bureau de liaison avec le Sud

Pourquoi la Corée du Nord a-t-elle détruit son bureau de liaison avec la Corée du Sud ?

La Corée du Nord a fait exploser aujourd’hui le bureau de liaison conjoint avec la Corée du Sud situé dans la ville frontalière de Kaesong, ont rapporté le ministère sud-coréen de l’Unification et l’Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA). Cette destruction a été décidée en réaction à un lâcher de tracts organisé le 31 mai par des transfuges nord-coréens depuis la Corée du Sud, dans lesquels ils critiquaient le régime nord-coréen, selon KCNA. Avant l’explosion du bureau de liaison, le chef d’état-major de l’armée nord-coréenne a déclaré qu’il allait examiner un plan d’action « pour faire avancer l’armée à nouveau dans les zones qui ont été démilitarisées » à la frontière. Le 9 juin, la Corée du Nord a coupé tous les canaux de communication avec la Corée du Sud, estimant que celle-ci était de « connivence » avec les transfuges, selon KCNA.

Où en sont les négociations internationales sur la dénucléarisation ?

Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, et le président américain, Donald Trump, ont signé en juin 2018 à Singapour un document dans lequel la Corée du Nord s’engageait à « travailler à une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ». Mais les négociations en vue d’un accord de dénucléarisation n’ont pas abouti. En janvier, Kim Jong-un a mis fin au moratoire sur les essais nucléaires et les tests de missiles balistiques de longue portée, annoncé en avril 2018. « Nous n’avons aucune raison de continuer à être liés unilatéralement par cet engagement », avait expliqué le dirigeant nord-coréen, selon KCNA. La Corée du Nord est soumise à des sanctions économiques et diplomatiques des États-Unis et du Conseil de sécurité de l’ONU en raison de ses programmes d’armements.

Quelles sont les critiques faites au régime nord-coréen pour les droits humains ?

La situation des droits humains est « extrêmement grave » en Corée du Nord, a déclaré en janvier 2019 le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits humains dans le pays, Tomas Ojea Quintana. Il pointait « la peur d’être envoyé dans des camps de prisonniers politiques » pour la population, « la surveillance et le contrôle rapproché des citoyens » et « d’autres restrictions sévères à leurs libertés fondamentales », comme l’interdiction de quitter le pays. Jusqu’à 120 000 personnes sont détenues arbitrairement dans des camps de prisonniers politiques, selon le rapport de 2017-2018 de l’ONG de défense des droits humains Amnesty International. 1 047 transfuges nord-coréens sont passés en Corée du Sud en 2019, a rapporté en janvier le ministère sud-coréen de l’Unification.