17 juin 2020

Tout s'explique

Les États-Unis imposent de nouvelles sanctions à la Syrie

Que prévoit la loi américaine « César » contre le régime syrien ?

De nouvelles sanctions américaines entrent en vigueur aujourd’hui à l’encontre de plusieurs personnes appartenant ou liées au régime syrien. Elles sont prévues par la « loi César », votée en décembre par le Congrès américain. Cette loi tire son nom d’un transfuge de la police militaire syrienne qui a rendu publiques en 2013 des milliers de photos montrant la torture dans les geôles du régime. Elle instaure des sanctions économiques et diplomatiques à l’encontre de tous les individus et entreprises, quelle que soit leur nationalité, qui « facilitent l’acquisition par le régime de biens, de services ou de technologies » soutenant ses activités militaires ou sa production d’hydrocarbures, selon le département d’État américain. Ces sanctions s’ajoutent à celles déjà prises par les États-Unis depuis le début du conflit syrien en 2011, ainsi qu’à d’autres sanctions internationales, comme celles renouvelées par l’UE le 28 mai.

Quelle est l’ampleur de la crise économique en Syrie ?

La Banque centrale de Syrie a révisé aujourd’hui le taux de change qu’elle fixe entre la livre syrienne et le dollar. Il est passé de 704 livres à 1 256 livres pour un dollar. Déjà fragilisée par neuf années de guerre, l’économie syrienne l’est aussi par la crise économique au Liban voisin. Selon le Programme alimentaire mondial, une agence de l’ONU, les prix des produits alimentaires de base ont plus que doublé entre avril 2019 et avril 2020 et 9,3 millions d’habitants sont en situation d’insécurité alimentaire, soit environ un sur deux. Depuis le 7 juin, des manifestations ont eu lieu dans trois villes contre la vie chère. Le président syrien, Bachar el-Assad, avait pris au cours des mois précédents des mesures instaurant par exemple un rationnement des denrées subventionnées comme le sucre ou le riz. Le 11 juin, il a limogé son Premier ministre, Imad Khamis.

Où en est le conflit syrien ?

La Russie, qui soutient le régime de Bachar el-Assad, a mené des raids aériens près de la province d’Idleb dans le nord-ouest de la Syrie le 3 juin après trois mois de trêve, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une organisation proche de l’opposition syrienne et disposant d’un réseau d’informateurs sur le terrain. La trêve avait été conclue début mars entre la Russie et la Turquie, qui soutient certains rebelles syriens. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé hier la tenue d’un prochain sommet avec la Turquie et l’Iran sur le conflit syrien, sans en préciser la date. Les trois pays avaient signé en 2017 l’accord d’Astana, portant sur la création de zones de cessez-le-feu en Syrie. Selon un bilan du mois de mars de l’OSDH, la guerre en Syrie a fait au moins 380 000 morts et 12 millions de déplacés depuis son début en 2011.