29 juin 2020

Tout s'explique

Les écologistes remportent plusieurs villes aux municipales

Quels sont les principaux résultats du second tour des élections municipales ?

Le second tour des élections municipales s’est tenu hier dans près de 5 000 communes, où 16 millions d’électeurs étaient appelés à voter. Le taux de participation s’établit à 41,6 %, selon le ministère de l’Intérieur, soit un chiffre en forte baisse par rapport à 2014 (63,7 %) et en baisse par rapport au premier tour du 15 mars (44,7 %). Ce scrutin est marqué par la victoire de candidats écologistes dans plusieurs villes de plus de 100 000 habitants. La majorité présidentielle n’en a gagné aucune à l’exception du Havre, où la liste du Premier ministre, Édouard Philippe, l’a emporté avec 58,8 % des voix. Le Parti socialiste se maintient à Paris, Lille ou Nantes et a ravi plusieurs villes à la droite, comme Nancy. Les Républicains conservent pour leur part « 50 % des villes de plus de 9 000 habitants », comme Toulouse et Nice, selon leur président, Christian Jacob, mais ont perdu des villes de taille, dont Bordeaux. Le Rassemblement national a gagné une ville de plus de 100 000 habitants avec Perpignan.

Comment peut s’expliquer la percée des écologistes ?

Europe Écologie Les Verts (EELV) a remporté hier pour la première fois plusieurs grandes villes, dont Lyon, Bordeaux, Strasbourg et Besançon. « Les Verts tendent à obtenir leurs meilleurs scores dans les villes-centres des grandes métropoles », dans lesquelles « la part de diplômés du supérieur est importante » et qui « regroupent un nombre important de citoyens favorables à la gauche », expliquait une note publiée après le premier tour par la Fondation de l’écologie politique, une fondation créée par EELV. Grenoble était jusqu’ici la seule grande ville dirigée par EELV. Son maire, Éric Piolle, a été réélu hier avec 53 % des suffrages. « Les partis socialiste et communiste participent de ces victoires des Verts. Ces municipales montrent qu’il n’y a pas de possibilité de victoire sans une union entre les écolos et la gauche », comme à Bordeaux, estime le politologue Olivier Rouquan interrogé par 20 Minutes.

Qu’a annoncé Emmanuel Macron devant la Convention citoyenne pour le climat ?

Emmanuel Macron a promis d’apporter des « réponses fortes » et « à la hauteur des enjeux » de ces élections, a réagi hier l’Élysée. Aujourd’hui, le chef de l’État a reçu les citoyens de la Convention citoyenne pour le climat et a annoncé vouloir « mettre en œuvre au plus vite » 146 de leurs 149 propositions formulées la semaine dernière. Le président a notamment rejeté la taxe de 4 % sur les dividendes des entreprises pour financer la transition écologique et entend « reporter le débat » sur la limitation de la vitesse à 110 km/h sur les autoroutes. En revanche, Emmanuel Macron a déclaré être favorable à un référendum en 2021 sur la modification de l’article 1er de la Constitution pour introduire les notions de lutte contre le réchauffement climatique. « On doit remettre l’ambition écologique au cœur du modèle productif », a-t-il par ailleurs affirmé. Il a ainsi annoncé une enveloppe de « 15 milliards d’euros supplémentaires sur deux ans injectés pour la conversion écologique de notre économie ».