1er juillet 2020

Tout s'explique

La loi sur la sécurité nationale entre en vigueur à Hong Kong

Que contient la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong ?

Le Parlement chinois a adopté hier la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, une région administrative spéciale chinoise, qui a été promulguée aussitôt par le président chinois, Xi Jinping. Elle instaure quatre infractions : la sécession, la subversion, le terrorisme et la collusion avec des pays étrangers. Ces délits sont passibles de peines de prison jusqu’à la perpétuité. La loi prévoit la mise en place de plusieurs services pour veiller à son respect, dont un « Bureau pour la sauvegarde de la sécurité nationale » doté d’une capacité d’enquête. Aujourd’hui, des manifestants ont protesté contre cette loi à Hong Kong lors d’un rassemblement interdit par la police, qui a fait usage de canons à eau pour les disperser. Selon la police, environ 370 personnes ont été arrêtées, dont 10 pour violation de la nouvelle loi.

Comment ont réagi l’opposition et les pays étrangers ?

Dès l’adoption de la loi hier, plusieurs figures de l’opposition hongkongaise ont quitté leurs fonctions dans des organisations militantes et des groupes politiques se sont dissous. L’organisation prodémocratie Demosisto, fondée en 2016, a annoncé hier sa dissolution après que plusieurs de ses membres ont démissionné, dont son cofondateur Joshua Wong. Celui-ci a estimé que « la vie et la sécurité » des militants étaient désormais menacées, tout en affirmant qu’il allait continuer à « défendre » Hong Kong. 27 pays, dont la France et le Royaume-Uni, ont fait part dans une déclaration commune lue hier au Conseil des droits de l’homme de l’ONU de leurs « préoccupations profondes » au sujet de cette loi, qui constitue selon eux une « érosion des droits et libertés dont jouit le peuple de Hong Kong depuis de nombreuses années ». Le secrétaire d’État américain (l’équivalent du ministre des Affaires étrangères), Mike Pompeo, a de son côté affirmé : « Les États-Unis ne resteront pas les bras croisés. »

Quel est le statut particulier de Hong Kong face à la Chine ?

Depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni en 1997, la « loi fondamentale de la région administrative spéciale de Hong Kong » donne à ce territoire un statut semi-autonome par rapport à l’État chinois. Selon ce texte, ce statut doit rester inchangé pendant 50 ans, soit jusqu’en 2047. Il confère aux pouvoirs exécutifs et législatifs de Hong Kong un « degré élevé d’autonomie » et garantit une justice « indépendante ». La loi sur la sécurité nationale, annexée à la loi fondamentale, prévoit qu’elle « prévaut lorsque les dispositions des lois locales » de Hong Kong « sont incompatibles » avec elle. Antoine Bondaz, chercheur au groupe de réflexion Fondation pour la recherche stratégique, estime sur Franceinfo que cette loi s’inscrit « dans une remise en cause progressive du statut particulier de Hong Kong » et que la Chine cherche ainsi « à prévenir et à contrôler les manifestations et le mouvement d’opposition à Hong Kong ».