2 juillet 2020

Tout s'explique

La révision de la Constitution russe approuvée lors d’un vote

Sur quoi portait le vote sur la révision de la Constitution russe ?

La révision de la Constitution russe, voulue par le président, Vladimir Poutine, a été approuvée hier à l’issue d’un vote par 77,9 % des voix, selon les résultats quasi définitifs de la Commission électorale centrale. La participation s’est établie à 65 %. La réforme de la Constitution consiste en 46 amendements portant sur diverses mesures institutionnelles et sociales, comme l’interdiction du mariage homosexuel, l’enseignement patriotique à l’école et le principe de « retraites dignes ». Un amendement modifie l’article interdisant d’effectuer plus de deux mandats présidentiels consécutifs, en le remplaçant par une limite de deux mandats maximum. Cet amendement entraîne une remise à zéro des mandats présidentiels passés ou en cours. Vladimir Poutine peut ainsi se présenter aux deux prochaines élections présidentielles. Dirigeant de la Russie depuis 2000, avec un intermède comme Premier ministre de 2008 à 2012, il a été réélu pour un quatrième mandat de président en mars 2018.

Quelles irrégularités ont été dénoncées ?

L’ONG russe Golos, spécialisée dans l’observation des élections, a dénoncé de nombreuses irrégularités, comme des votes organisés au sein des entreprises et des bourrages d’urnes. Il était également autorisé d’installer des bureaux de vote en extérieur, sur des terrains de jeu ou des bancs par exemple. L’ONG a estimé que le vote anticipé permis durant la semaine précédant le jour du scrutin, hier, avait artificiellement gonflé la participation. « Les résultats annoncés sont faux », a dénoncé l’opposant Alexeï Navalny, qui estime que Vladimir Poutine « a refusé d’organiser un référendum dans les règles ». Un véritable référendum aurait imposé que les amendements soient soumis individuellement au vote.

À quelle contestation le pouvoir russe fait-il face ?

Depuis son retour à la présidence de la Russie en 2012, Vladimir Poutine a fait voter plusieurs lois punissant l’organisation de manifestations non autorisées. Malgré ces difficultés, plusieurs mouvements de mécontentement ont eu lieu ces dernières années. Une réforme relevant l’âge de départ à la retraite a poussé plusieurs milliers de personnes à manifester à Moscou, la capitale russe, en 2018 et a entraîné une chute de la cote de popularité de Vladimir Poutine, selon l’institut VTsIOM, un centre d’études de l’opinion publique russe. Les élections pour le Parlement de Moscou en septembre 2019 ont donné lieu à des manifestations après l’invalidation par la commission électorale de plusieurs dizaines de candidatures. Dans un article publié en décembre dans le site The Conversation, Myriam Désert, professeure de civilisation russe, estime que la baisse d’engouement pour Vladimir Poutine ne profite pas vraiment à l’opposition et se traduit surtout par un rejet de la classe politique.