10 juillet 2020

Tout s'explique

La France sort de l’état d’urgence sanitaire

Qu’est-ce qui change avec la fin de l’état d’urgence sanitaire ?

L’état d’urgence sanitaire, en vigueur depuis le 23 mars, prend fin ce soir à minuit, sauf en Guyane et à Mayotte. Cela implique la fin de la trêve hivernale des expulsions locatives, le retour du délai de carence pour les arrêts maladie ou encore la fin du plafonnement des prix des masques et du gel hydroalcoolique. La loi organisant la sortie de l’état d’urgence sanitaire prévoit une période transitoire jusqu’au 30 octobre, durant laquelle le gouvernement peut instaurer des restrictions de déplacement, d’accès aux transports et d’ouverture des établissements recevant du public. Le Conseil constitutionnel, l’instance chargée de contrôler la conformité des lois à la Constitution, a précisé hier que l’interdiction de circulation des personnes ne pouvait être prise que dans les territoires où le virus circule activement et qu’elle ne pouvait « conduire à leur interdire de sortir de leur domicile ou de ses alentours ».

Où se trouvent les foyers de contamination les plus importants ?

333 foyers de contamination (« clusters ») ont été recensés entre le 9 mai et le 8 juillet en France, hors Ehpad, dont 62 % sont « clôturés » et 12 % « maîtrisés », selon le point épidémiologique publié hier par Santé publique France, un organisme public dépendant du ministère de la Santé. Un cluster est défini par la survenue d’au moins trois cas en sept jours et qui appartiennent à une même communauté ou ont participé à un même rassemblement. En Guyane, 15 clusters sont considérés comme « à diffusion communautaire », c’est-à-dire que le virus se diffuse en dehors du cluster, et « le pic épidémique n’a pas encore été dépassé », selon Santé publique France. À Mayotte, « l’épidémie est désormais en phase décroissante, bien que la circulation virale reste élevée » et il n’y a plus de cluster en cours. En métropole, un cluster à diffusion communautaire a été identifié en Mayenne, où le nombre de personnes contaminées a quadruplé entre le 25 juin et le 6 juillet.

Quelle est la capacité de dépistage actuelle ?

300 800 personnes ont été testées entre le 28 juin et le 4 juillet, selon Santé publique France. C’est plus que les précédentes semaines, où entre 200 000 et 250 000 tests virologiques ont été réalisés chaque semaine. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait annoncé le 28 avril l’objectif de réaliser jusqu’à 700 000 tests par semaine à la sortie du confinement. Il avait confirmé le 11 mai : « On est prêts à réaliser 700 000 tests s’il y a des patients pour ces tests. » Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique qui conseille le gouvernement, a déclaré hier au Monde : « On estime que seuls 50 % des gens contaminés sont dépistés. Les autres ne le font pas parce qu’ils ont peu de symptômes, sont jeunes, se demandent à quoi ça sert. » Selon Santé publique France, environ un quart des personnes infectées ne présentent pas de symptôme. Jean-François Delfraissy a estimé hier auprès de l’AFP que le risque de reprise de l’épidémie en France « avant la fin de l’été » restait possible.