15 juillet 2020

Ça se chiffre

Le retard et le surcoût de l’EPR

Dans un rapport publié la semaine dernière, la Cour des comptes a critiqué la gestion de l’EPR, le réacteur nucléaire de troisième génération dont un modèle est en construction à Flamanville (Manche) depuis 2007. L’organisme chargé du contrôle de la dépense publique reproche aux pouvoirs publics de ne pas avoir arbitré la rivalité entre les groupes publics Areva et EDF, conduisant au « lancement précipité » d’un chantier dont elle estime désormais le coût à 19,1 milliards d’euros contre 3,3 milliards d’euros initialement prévus. Seuls deux réacteurs EPR sont en activité, dans la centrale nucléaire de Taishan, dans le sud-est de la Chine. Ils sont entrés en service en 2018 et 2019, avec environ cinq ans de retard sur la date annoncée au début de la construction et un surcoût de 60 %. « La perte de compétences techniques et de culture qualité de la filière nucléaire est aujourd’hui volontiers mise en avant pour expliquer les problèmes de construction de l’EPR » en France, note la Cour des comptes.