17 juillet 2020

Tout s'explique

Les indicateurs de reprise de l’épidémie de Covid-19 en France

Qu’ont annoncé les autorités sanitaires à propos de l’épidémie de Covid-19 ?

L’Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine a qualifié hier l’évolution de l’épidémie de Covid-19 d’« inquiétante ». Le département de la Gironde est notamment placé en « vulnérabilité modérée » et « la situation peut évoluer rapidement », explique-t-elle dans un communiqué. 11 foyers de contamination (clusters) ont été recensés, a précisé aujourd’hui l’ARS à Brief.me, qu’elle impute aux « gestes barrières peu appliqués ». Mercredi, l’ARS de Bretagne a rapporté que les cas de personnes testées positives étaient en augmentation depuis le 10 juillet. Le nombre de reproduction effectif du virus, qui représente le nombre de personnes infectées par un malade, est passé de 0,93 à 2,62 entre le 10 et le 14 juillet. En Mayenne, où le seuil de 50 nouveaux cas hebdomadaires pour 100 000 habitants a été franchi, la préfecture impose depuis mercredi le port du masque dans les lieux publics clos dans six communes.

Quels sont les indicateurs surveillés par les autorités sanitaires ?

Quatre indicateurs sont pris en compte par les ARS et Santé publique France, un organisme public dépendant du ministère de la Santé, pour surveiller l’épidémie de Covid-19. Le premier, le taux d’incidence, représente le nombre de cas positifs pour 100 000 habitants sur une semaine dans un département. La première étape, le « seuil de vigilance », est atteinte entre 10 et 50 nouveaux cas. Au-delà, c’est le « seuil d’alerte ». Deuxième indicateur, le taux moyen d’occupation des lits de réanimation de la région par des malades du Covid-19 franchit son seuil d’alerte lorsqu’il dépasse 60 %. Troisième indicateur, le pourcentage de tests virologiques (PCR) positifs dans chaque département, appelé « taux de positivité », passe en seuil d’alerte au-delà de 10 %. Enfin, le nombre de reproduction effectif, appelé « R effectif », correspond au nombre moyen de personnes qu’un malade contamine. Son seuil d’alerte est à 1,5.

Le « R effectif » est-il synonyme de reprise de l’épidémie ?

Le R effectif est obtenu à partir du nombre quotidien de tests PCR positifs. S’il est inférieur à 1, il « reflète une diminution du nombre de nouveaux cas », car il signifie qu’un malade contamine moins d’une personne et s’il est supérieur à 1, il « traduit une tendance à l’augmentation » de cas, explique le ministère de la Santé. Trois territoires, la Bretagne, Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Réunion, sont classés en rouge (voir la carte) car le R effectif y est supérieur au seuil d’alerte. Toutefois, un nombre élevé ne signifie pas nécessairement une reprise de l’épidémie, car il peut fortement augmenter à l’occasion de la découverte d’un cluster et des dépistages massifs qui s’ensuivent et redescendre rapidement si le cluster est contrôlé. Ainsi le R effectif peut augmenter ponctuellement « sans pour autant qu’il y ait une réelle intensification de la circulation du virus », a souligné l’ARS de Bretagne aujourd’hui, qui appelle à regarder le faible taux d’incidence dans la région : 2,8 cas pour 100 000 habitants.