22 juillet 2020

Tout s'explique

Victoire électorale pour le régime syrien

Quels sont les résultats des élections législatives en Syrie ?

Le parti Baas, au pouvoir en Syrie depuis 1963, et ses alliés ont remporté 177 des 250 sièges du Parlement syrien lors des élections législatives de dimanche, selon les résultats annoncés hier soir par la commission électorale. Le taux de participation s’est établi à 33,2 %, contre 57,6 % lors des législatives de 2016. Le ministre de la Justice, Hisham al-Shaar, a déclaré qu’un certain nombre d’électeurs s’étaient abstenus de voter en raison de l’épidémie de coronavirus. Les Syriens de l’étranger n’avaient pas le droit de voter. La Coalition nationale syrienne, le principal organe de l’opposition en exil, a dénoncé des « élections illégitimes » et « théâtralisées » par le régime du président Bachar el-Assad. Aucun membre de l’opposition n’a concouru dans ce scrutin. Les élections législatives se sont tenues uniquement dans les zones entièrement contrôlées par le régime syrien.

Quels territoires le régime syrien contrôle-t-il ?

Le régime syrien contrôle aujourd’hui près des trois quarts du pays. Outre le nord-est dominé par les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde, quelques zones situées le long de la frontière avec la Turquie sont occupées par des groupes rebelles et l’armée turque tandis que le groupe État islamique reste présent dans des poches au centre du pays (voir la carte). Ces derniers mois, l’armée syrienne a reconquis des territoires, dont les abords de la métropole d’Alep, après avoir enregistré plusieurs victoires en 2018, comme la reprise des bastions rebelles de Deraa et de la Ghouta orientale, dans la banlieue de la capitale, Damas. Elle a en revanche échoué à reprendre cet hiver la région d’Idleb. Selon l’ONU, les offensives militaires menées cet hiver par le régime ont « coûté la vie à des centaines » de personnes.

Quelle est la situation des Syriens en exil ?

Plus de 6,6 millions de Syriens (sur 21 millions) ont fui le pays depuis le début de la guerre en 2011, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). La plupart se trouvent dans les pays voisins, notamment en Turquie, au Liban et en Jordanie. La Turquie en accueille 3,5 millions. La majorité des réfugiés syriens vivent en ville et 8 % sont dans des camps de réfugiés, précise le HCR, qui ajoute que 60 % d’entre eux « vivent dans la pauvreté ». En 2018, le gouvernement syrien a organisé plusieurs opérations de retours volontaires de réfugiés. Plusieurs ONG de défense des droits humains, comme Human Rights Watch et Amnesty International, ont dénoncé ces dernières années des retours forcés de Syriens dans leur pays, organisés notamment par le Liban et la Turquie. « Les civils qui rentrent en Syrie doivent se soumettre à une “vérification de sécurité” qui comprend notamment un interrogatoire par les forces de sécurité syriennes », alertait Amnesty International l’an dernier.