23 juillet 2020

Tout s’explique

Un plan pour accompagner les jeunes face à la crise économique

Quelles sont les principales annonces du « plan jeunes » ?

Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé aujourd’hui la mise en place d’un plan doté de 6,5 milliards d’euros pour « accompagner les 16-25 ans » face à la crise économique liée au Covid-19. « Nous savons qu’en temps de crise, ce sont eux qui morflent en premier, notamment sur le terrain de l’emploi », a-t-il déclaré. Pour encourager les embauches parmi les 750 000 jeunes qui entrent cette année sur le marché du travail, les entreprises pourront bénéficier d’une compensation de cotisations patronales pour une embauche effectuée entre août et janvier. Jusqu’à 8 000 euros seront versés aux entreprises pour le recrutement d’alternants sous certaines conditions. 100 000 places supplémentaires en service civique seront également créées, en plus des 140 000 déjà prévues pour 2020. Le plan prévoit la création de 10 000 places supplémentaires dans les formations universitaires les plus demandées.

À quelles difficultés particulières les jeunes font-ils face ?

Les conséquences de la crise sanitaire font que certains jeunes n’ont pas pu achever leur formation, tandis que d’autres arrivent sur un marché du travail en crise, a rappelé Jean Castex. Leur taux de chômage est déjà beaucoup plus élevé que celui de l’ensemble de la population active : 19,6 % contre 8,4 % en 2019, selon l’institut national de statistiques Insee. D’après l’Organisation internationale du travail, une agence de l’ONU, « plus d’un jeune sur six dans le monde a cessé de travailler depuis le début de la pandémie de Covid-19 ». L’organisation s’inquiète que « leurs vies professionnelles soient marquées à jamais ». « Le fait de ne pas pouvoir entrer sur le marché de l’emploi va renforcer la précarité de ceux qui ne vont pas pouvoir compter sur leurs parents », s’alarmait dans un article de 20 Minutes publié le 11 juin Antoine Dulin, membre du Conseil d’orientation des politiques de jeunesse, une commission administrative consultative placée auprès du Premier ministre.

Quelle est la place de l’apprentissage aujourd’hui en France ?

491 000 personnes bénéficiaient d’un contrat d’apprentissage l’an dernier en France, selon un rapport du ministère du Travail. Cela représentait 16 % d’augmentation par rapport à l’année précédente. L’apprentissage est ouvert à toute personne entre 16 et 30 ans (35 ans dans certains cas) et consiste en un contrat de six mois à trois ans permettant de suivre en alternance une formation théorique et un apprentissage pratique en entreprise. Ce type de contrat garantit un taux d’insertion dans l’emploi très élevé. En février 2018, 72 % des jeunes ayant suivi des études en apprentissage du niveau CAP à BTS avaient un emploi sept mois après la fin de leur formation, selon le ministère de l’Éducation nationale. La pratique de l’apprentissage a été encouragée par une loi de septembre 2018, qui a facilité la création de centres de formation, dont le nombre est passé de 965 à 1 200 en 2019, et qui a augmenté le salaire des apprentis, selon le ministère du Travail.