29 juillet 2020

Tout s'explique

Les séparatistes au Yémen renoncent à leur autonomie

Qu’ont annoncé les séparatistes du sud du Yémen ?

Le Conseil de transition du sud (CTS), des séparatistes du sud du Yémen, a annoncé hier soir renoncer à l’autonomie du sud du pays. Il a affirmé vouloir mettre en œuvre l’accord de Riyad conclu en novembre avec le gouvernement yéménite, reconnu par l’ONU. Cet accord vise à partager le pouvoir dans le sud du pays entre les deux parties. Il prévoit la formation d’un gouvernement d’union et la nomination d’un nouveau gouverneur à Aden, la capitale provisoire et la plus grande zone portuaire du pays, où sont basés les séparatistes. L’accord de Riyad n’avait toutefois jamais été mis en application et le CTS avait déclaré son autonomie en avril à Aden et dans d’autres localités du sud. Cette décision avait déclenché des combats entre les séparatistes et les forces loyalistes, avant qu’un cessez-le-feu entre en vigueur fin juin.

Qui sont les protagonistes de la guerre au Yémen ?

L’accord de Riyad a été conclu sous la médiation de l’Arabie saoudite. Depuis mars 2015, le royaume saoudien dirige une coalition de plusieurs pays arabes, dont les Émirats arabes unis, pour soutenir le gouvernement yéménite et contrer l’avancée des Houthis, des combattants rebelles. Ceux-ci ont pris possession du nord-ouest du pays et de la capitale Sanaa en 2014, poussant le gouvernement à l’exil. Ils sont soutenus par l’Iran, qui s’oppose à l’Arabie saoudite sur plusieurs fronts. La guerre au Yémen s’est complexifiée en 2017 avec la création du Conseil de transition du sud. Le rapprochement entre le CTS et le gouvernement yéménite, unis contre les Houthis, intervient alors que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis avaient commencé à se désengager du conflit. « Toutes les parties sont fatiguées et épuisées par ce conflit », a déclaré aujourd’hui à Al-Jazeera Mahjoob Zweiri, directeur d’un centre d’études sur les pays du Golfe persique à l’université du Qatar.

Quelle est la situation humanitaire dans le pays ?

Depuis 2015, la guerre au Yémen a fait plus de 100 000 morts, dont plus de 12 000 civils, selon un décompte publié en novembre par l’Acled, une organisation indépendante collectant des données sur les conflits armés. « La crise humanitaire n’a jamais été pire » qu’en ce moment, a affirmé hier le coordinateur des secours d’urgence de l’ONU au Conseil de sécurité. « Sans financement supplémentaire, nous devrions tous nous attendre à de fortes augmentations de la faim, de la malnutrition, du choléra, du Covid-19 et surtout de la mort », a-t-il prévenu. Plusieurs dizaines de programmes d’aide humanitaire de l’ONU sont menacés de disparaître : début juin, l’ONU n’avait réuni des promesses de dons qu’à hauteur de 1,35 milliard de dollars pour les financer, contre 2,4 milliards de dollars attendus. L’ONU estime que 24 millions de personnes, soit quatre personnes sur cinq, ont « besoin d’une aide vitale » au Yémen.