5 août 2020

Tout s’explique

Beyrouth ravagée par une double explosion

Quel est le bilan de la double explosion qui a eu lieu au Liban hier soir ?

Une double explosion a eu lieu hier soir dans le port de Beyrouth, la capitale du Liban. Selon le dernier bilan de la Croix-Rouge libanaise, plus de 100 personnes sont mortes et plus de 4 000 ont été blessées. « Près de la moitié de Beyrouth est détruite ou endommagée », a déclaré aujourd’hui le gouverneur de la capitale, Marwan Abboud, estimant que près de 300 000 personnes se retrouvaient sans domicile. La double explosion s’est produite après un incendie qui a gagné un hangar où étaient stockées 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium, selon les autorités. Le nitrate d’ammonium entre dans la composition de nombreux engrais azotés et a déjà provoqué plusieurs accidents industriels, comme l’explosion de l’usine AZF à Toulouse en 2001. Le stock était présent dans le port depuis six ans « sans mesures de précaution », a souligné le Premier ministre, Hassane Diab.

De quelle aide internationale le pays va-t-il bénéficier ?

Hassane Diab a lancé dès hier soir un « appel urgent » à l’aide internationale. Selon le ministre de la Santé, Hamad Hassan, le pays est en situation de « pénurie de tout ce qui est nécessaire pour porter secours » aux victimes. Plusieurs pays ont immédiatement répondu à cet appel. La France a envoyé dès aujourd’hui une cinquantaine de secouristes et plusieurs tonnes de matériel sanitaire. Des urgentistes doivent également se rendre sur place. Emmanuel Macron a annoncé qu’il se rendrait demain à Beyrouth pour faire « le point sur la situation avec les autorités politiques ». L’Allemagne, le Koweït ou encore la Russie ont également annoncé l’envoi d’aide médicale. Des pays qui s’opposent d’habitude sur le plan international et qui ont des intérêts politiques différents au Liban ont aussi proposé leur aide, comme Israël et l’Iran.

À quelles difficultés le pays fait-il déjà face ?

Le Liban est déjà en proie à une grave crise économique et sociale. En mars, le pays s’est retrouvé pour la première fois de son histoire en situation de défaut de paiement sur une partie de sa dette publique, dont le total s’élevait à 92 milliards de dollars, soit 170 % de son PIB (la production de biens et services). Dès l’automne, les banques du pays, qui détiennent une grande partie de la dette publique, avaient restreint les plafonds de retrait. Le gouvernement, alors dirigé par Saad Hariri, avait également augmenté ou mis en place de nouvelles taxes. En réponse, des manifestations ont dénoncé la situation et demandé le renouvellement du gouvernement, qui a eu lieu en janvier. La population fait face à un taux de chômage de plus de 30 % et à une forte inflation. Le Liban accueillait également fin 2019 plus de 900 000 réfugiés syriens, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, alors que le pays compte moins de 5 millions de Libanais.