6 août 2020

C'est leur avis

Rien n’aura été épargné au Liban

La double explosion qui a eu lieu mardi à Beyrouth, au Liban, est un désastre de plus dans un pays déjà accablé, faisant enfler la colère de ses habitants, analyse la directrice adjointe de la rédaction de Libération Alexandra Schwartzbrod.

« Rien n’aura été épargné au Liban, rien. Ni la guerre civile, ni les voisins voraces, ni l’afflux de réfugiés des pays environnants, ni les attentats, ni le personnel politique corrompu, ni la crise économique. Évidemment, à un certain moment, un désastre entraîne l’autre, et il y a fort à parier que la nouvelle tragédie qui l’accable depuis mardi soit la conséquence de l’incurie politique et/ou économique du pays. Le Liban était déjà à genoux, le voilà à terre, étalé de tout son long, durablement. […] Mais trop c’est trop, et depuis mardi la colère enfle dans la rue, les Libanais réclamant des responsables et surtout des comptes. Ils risquent d’être d’autant plus intransigeants qu’ils n’ont plus rien à perdre. La communauté internationale semble avoir compris l’importance de voler au secours de ce pays clé dans l’équilibre plus que bancal du Proche-Orient. C’est vital pour les Libanais. Mais aussi pour le reste du monde. » Alexandra Schwartzbrod