7 août 2020

Tout s'explique

Victoire des frères Rajapaksa au Sri Lanka

Quels sont les résultats des législatives au Sri Lanka ?

Le parti des frères Rajapaksa, le Sri Lanka Freedom Party, a remporté les élections législatives qui se sont tenues mercredi au Sri Lanka (voir la carte), selon les résultats officiels publiés ce matin. Avec un parti allié, ils obtiennent 150 des 225 sièges du Parlement monocaméral du pays. Mahinda Rajapaksa est déjà Premier ministre depuis novembre, tandis que son frère, Gotabaya est président du pays depuis la même date. Le parti de l’ex-Premier ministre Ranil Wickremesinghe, en poste de 2015 à 2019, qui avait 106 sièges au Parlement, n’en détient plus qu’un. La majorité des deux tiers au Parlement que possède la coalition victorieuse peut lui permettre de modifier la Constitution. En juin, Mahinda Rajapaksa a déclaré vouloir revenir sur des changements adoptés en 2015, qui ont restreint les mandats présidentiels à deux consécutifs et contribué à décentraliser certains pouvoirs.

Quel est le parcours des frères Rajapaksa ?

Les frères Rajapaksa sont issus d’une famille impliquée en politique, leur père ayant été député et ministre. Mahinda Rajapaksa, 74 ans, a été député dès 1970, puis il a occupé plusieurs postes de ministre dans les années 1990 avant de devenir Premier ministre en 2004, puis président de 2005 à 2015. Il a mis fin en 2009 à la guerre civile qui opposait depuis 1983 des Tamouls indépendantistes à la majorité cinghalaise, dont les Rajapaksa font partie. Gotabaya Rajapaksa, 71 ans, a occupé le poste de ministre de la Défense de 2005 à 2015. Plusieurs ONG de défense des droits humains, comme Amnesty International, ont dénoncé des crimes de guerre durant leurs mandats. Défaits lors des élections présidentielle et législatives de 2015, les deux frères sont revenus au pouvoir en novembre.

À quels défis doivent-ils faire face ?

Le PIB (la production de biens et services) du pays s’est contracté de 1,6 % au premier trimestre, selon des statistiques officielles, et la Banque asiatique de développement estime qu’il va baisser de 6,1 % sur l’année. Les difficultés économiques du pays sont notamment liées à la baisse de la fréquentation touristique, qui a chuté depuis la crise du coronavirus après avoir déjà baissé à la suite d’attentats en avril 2019, revendiqués par le groupe terroriste État islamique et qui avaient fait plus de 320 morts. Le pays a accueilli 1,9 million de touristes l’an dernier, contre 2,3 millions en 2018, selon le ministère sri-lankais du Tourisme. Celui-ci évalue la part du tourisme dans le PIB à 5 % en 2018. Les attaques avaient touché plusieurs églises catholiques et révélé des tensions interreligieuses : la majorité des croyants sri-lankais sont bouddhistes, mais le pays compte aussi des hindouistes, des musulmans et des chrétiens.