18 août 2020

Tout s'explique

Le port du masque « systématisé » dans les lieux clos au travail

Qu’a proposé le ministère du Travail concernant le port du masque ?

À l’issue d’une réunion avec les partenaires sociaux, la ministre du Travail, Élisabeth Borne, a déclaré aujourd’hui à l’AFP que le port du masque serait « systématisé » d’ici fin août dans « tous les espaces de travail qui sont clos et partagés », comme les « salles de réunion, couloirs, vestiaires, open spaces ». Le port du masque ne sera pas obligatoire dans les bureaux individuels, tandis que le télétravail demeure « recommandé dans les zones où le virus circule activement ». Cette décision, qui fera l’objet dans les prochains jours de la publication d’un protocole national, intervient pour faire face à la « recrudescence du nombre de cas de Covid-19 » ainsi qu’à une augmentation du nombre de foyers de contamination. 60 des 268 foyers en cours d’investigation concernent le milieu professionnel, d’après le ministère du Travail.

Quels sont les risques de contamination en lieux clos et en extérieur ?

La décision du ministère du Travail s’appuie sur un avis rendu public la semaine dernière par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), une instance chargée de conseiller les pouvoirs publics. Il y recommande le « port systématique » d’un masque dans « tous les lieux clos publics et privés collectifs ». Les cas les plus fréquents de contamination surviennent dans ces espaces fermés, surtout s’ils sont mal aérés ou si des efforts physiques y sont pratiqués. Si la transmission du virus intervient par l’intermédiaire de « particules émises lors de la toux, de l’éternuement ou pendant la parole et le chant », elle peut aussi advenir par le biais d’aérosols, des particules en suspension dans l’air. Les données scientifiques disponibles, encore partielles, « plaident en faveur d’une contamination possible » par aérosol dans les espaces clos, tandis qu’elle est « faible » en extérieur, en raison d’un « effet de dilution » et des ultraviolets qui contribuent à une disparition rapide du virus, explique le HCSP.

Comment l’épidémie évolue-t-elle en France ?

« Le nombre de nouveaux cas de Covid pour 100 000 habitants augmente dans toutes les classes d’âge », selon un point publié hier par le ministère de la Santé, et cette hausse est « particulièrement marquée chez les 25-35 ans ». Près de 16 000 cas ont été enregistrés du 10 au 16 août, contre près de 11 000 la semaine précédente. Les foyers de contamination augmentent : 1 013 décomptés hier, contre 851 une semaine plus tôt. Si le nombre total de personnes hospitalisées en raison du Covid-19 est en légère baisse, celui des entrées à l’hôpital est « en hausse depuis trois semaines », souligne le ministère. Le nombre de décès liés à la maladie augmente néanmoins faiblement : 30 429 personnes à la date d’hier, soit 89 de plus qu’une semaine plus tôt. Le ministère ajoute que près de la moitié des personnes testées positives au Covid-19 « ne présentaient aucun symptôme », mais étaient « susceptibles de transmettre » la maladie.