20 août 2020

C'est leur avis

Un coup d’État à relativiser au Mali

Malgré les dénonciations de la part de l’Union africaine, de l’Union européenne ou de la France, le renversement mardi par l’armée du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, surnommé IBK, a été bien organisé et bien accueilli par la population, estime dans 20 Minutes Bintou Koné, anthropologue et chercheuse à l’Institut des sciences humaines de Bamako, si bien que l’expression « coup d’État » n’est selon elle pas adaptée.

« L’armée est considérée comme apolitique. Et on se rend compte que l’arrestation du président, des ministres et de certains députés a été bien planifiée, bien menée, dans le sens où tout a été fait pour qu’il n’y ait pas d’irruption de violence. L’armée a aussi fait appel à toutes les couches de la société civile, aux partis politiques, aux rebelles et à la communauté internationale pour organiser une période de transition politique civile. On peut penser que, comme en 2012, le pouvoir va finir par être remis entre les mains de la société. D’où mes doutes sur le concept de coup d’État : le terme n’est peut-être pas le plus adapté dans notre contexte, car la destitution d’IBK vient en l’occurrence en grande partie d’une volonté de la rue. » Bintou Koné