28 août 2020

Tout s'explique

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, démissionne

Pourquoi Shinzo Abe démissionne-t-il ?

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a annoncé aujourd’hui lors d’une conférence de presse qu’il quittait ses fonctions en raison de son état de santé. « J’ai décidé de démissionner ayant perdu confiance dans ma capacité à mener une politique efficace au service de la population », a déclaré le chef du gouvernement, qui souffre d’une maladie chronique. Il restera en poste jusqu’à la désignation de son successeur lors d’une élection interne à son parti, le Parti libéral-démocrate (PLD). Âgé de 65 ans, Shinzo Abe quitte son poste un an avant la fin de son mandat. Il dirigeait le pays depuis 2012 après avoir déjà été Premier ministre pendant un an en 2006-2007. Le 24 août, il a dépassé le record de longévité au pouvoir, détenu par son grand-oncle, Eisaku Sato, Premier ministre de 1964 à 1972.

Quelles réformes économiques Shinzo Abe a-t-il menées ?

Au cours de ses trois mandats, Shinzo Abe a conduit une politique dite des « Abenomics », un ensemble de réformes économiques destinées à lutter contre une situation économique dégradée. Celle-ci est caractérisée par une baisse durable du niveau des prix liée notamment à une demande intérieure faible. Lancé fin 2012, ce programme mêle assouplissement monétaire, relance budgétaire et réformes structurelles. Si ces mesures ont permis un temps de stimuler l’activité des entreprises, elles n’ont pas permis d’augmenter durablement la croissance du PIB (la production totale de biens et de services), qui s’est limitée à 0,6 % en 2019 selon la Banque mondiale, un organisme de financement du développement. Le pays vient d’enchaîner trois trimestres de baisse du PIB. La troisième économie mondiale affichait un taux de chômage de 2,8 % en juin. Mais ce plein emploi est en partie dû à la baisse du nombre d’habitants et 38 % des employés ont un contrat précaire, selon une note publiée en juillet par la direction générale du Trésor français.

Comment le pouvoir est-il partagé au Japon ?

Selon la Constitution japonaise, l’empereur est « le symbole de l’État » et « n’a pas de pouvoirs de gouvernement ». Le gouvernement détient le pouvoir exécutif. Le Premier ministre est désigné parmi les membres du Parlement, qui l’élisent. Le Parti libéral-démocrate (PLD) détient aujourd’hui avec ses alliés la majorité dans les deux chambres du Parlement. Tous les Premiers ministres du Japon depuis la création du PLD, en 1955, sont membres de ce parti de droite, à l’exception de deux courtes périodes (1993-1996 et 2009-2012). Dans une analyse publiée en 2018 par le Centre de recherches internationales de Sciences Po, le chercheur Xavier Mellet note que les électeurs déçus par le PLD se tournent davantage vers l’abstention que vers les partis d’opposition. Le taux d’abstention était de 47,3 % lors des élections législatives de 2014 et de 46,4 % lors de celles de 2017.

POUR ALLER PLUS LOIN

Découvrir le portrait de Shinzo Abe dans Les Échos.

Lire le bilan macroéconomique du Japon par la direction générale du Trésor.