31 août 2020

Tout s'explique

Un accord de paix signé au Soudan

En quoi consiste l’accord de paix signé au Soudan ?

Un accord de paix a été signé aujourd’hui entre les principaux mouvements rebelles soudanais et le gouvernement de transition, en vue de résoudre une série de conflits civils. Le plus ancien a débuté en 2003 au Darfour, dans l’ouest du pays (voir la carte). L’accord contient huit protocoles, qui portent sur la sécurité, la réparation judiciaire ou encore le retour des déplacés. Il concède aux rebelles une représentation politique et précise que les mouvements armés devront être démantelés et que leurs membres rejoindront l’armée régulière. Il a fallu 10 mois au Conseil souverain, qui assure la transition politique depuis la destitution en avril 2019 du président Omar el-Béchir, pour parvenir à cet accord. Plusieurs précédents accords de paix, comme ceux de 2006 et 2010, n’ont jamais été appliqués.

Comment se sont déroulés les conflits au Soudan ?

Le Soudan connaît plusieurs conflits civils depuis 17 ans. En 2003, des groupes rebelles ont multiplié les attaques contre les forces gouvernementales au Darfour parce qu’ils s’estimaient marginalisés par le gouvernement du président Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 1989. Le président a réprimé la révolte en envoyant l’armée, avec le soutien d’une milice arabe alliée. Au moins 300 000 personnes ont été tuées et 2,7 millions déplacées, selon l’ONU. « Moins qu’une conséquence des attaques, les déplacements massifs semblent être pour les combattants un but de guerre : il s’agit de vider des espaces de leurs habitants » afin de s’approprier leurs terres, observait l’anthropologue Jérôme Tubiana en 2006 dans son livre « Le Darfour, un conflit pour la terre ? ». Dans les États du Nil Bleu et du Kordofan du Sud, des rebelles ont également commencé à se révolter en 2011 pour dénoncer une discrimination du pouvoir central à leur égard.

Où en est l’enquête de la Cour pénale internationale ?

En juin 2005, la Cour pénale internationale (CPI) a ouvert des enquêtes sur les crimes au Darfour. Elles concernent des allégations de génocides, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Plusieurs mandats d’arrêt ont été prononcés et à ce jour, un seul homme, soupçonné d’avoir organisé la répression des rebelles, a été arrêté, en juin dernier. La CPI a notamment émis deux mandats d’arrêt à l’encontre de l’ancien président Omar el-Béchir, en 2009 et 2010. Il est accusé d’avoir participé aux exactions au Darfour. Un membre du Conseil souverain soudanais a affirmé en janvier que l’ancien président serait remis à la CPI. Mais ce dernier, incarcéré depuis sa destitution, est actuellement jugé au Soudan pour son coup d’État de 1989. En décembre, la justice soudanaise a également ouvert une enquête visant d’anciens dirigeants du régime pour les crimes commis au Darfour.

POUR ALLER PLUS LOIN

Un reportage de France 24 sur les réfugiés du Darfour.

Un article de Franceinfo sur les conflits oubliés du Soudan publié en août 2015.