7 septembre 2020

Tout s'explique

Nouvelles négociations entre le Royaume-Uni et l’UE

Où en sont les négociations entre le Royaume-Uni et l’UE ?

« Nous entrons maintenant dans la phase finale de nos négociations » avec l’Union européenne, a affirmé aujourd’hui le Premier ministre britannique, Boris Johnson. Cette déclaration intervient à la veille de la huitième séance de négociations avec l’UE pour parvenir à un accord de libre-échange. Les deux parties sont convenues de s’entendre d’ici le courant du mois d’octobre, afin de permettre au texte d’être ratifié pour entrer en vigueur d’ici la fin de l’année. Le Royaume-Uni a quitté l’UE le 31 janvier, mais le pays reste soumis à la réglementation européenne jusqu’au 31 décembre dans le cadre d’une période de transition. Boris Johnson a affirmé que si les deux parties ne parvenaient pas à s’entendre d’ici le 15 octobre, le Royaume-Uni et l’UE commerceraient l’an prochain « en tant qu’amis et partenaires, mais sans accord de libre-échange ».

Quels sont les points de blocage dans les négociations ?

Le négociateur en chef de la Commission européenne sur le Brexit, Michel Barnier, estime qu’un accord sur la pêche est un « prérequis pour tout accord commercial », comme il l’a affirmé ce matin sur France Inter. Le Royaume-Uni souhaite favoriser les pêcheurs britanniques en restreignant l’accès des pêcheurs européens à ses eaux très poissonneuses. Or, les pêcheurs de huit pays de l’UE, principalement dans le nord, dépendent grandement de cet accès pour leur activité. L’UE veut aussi éviter une réduction des normes sociales et environnementales britanniques qui se ferait au détriment des entreprises européennes. En février, Boris Johnson avait déclaré qu’un accord de libre-échange ne devait « pas impliquer » que le Royaume-Uni « accepte les règles de l’UE en matière de concurrence, de subventions, de protection sociale ou d’environnement ».

Comment commerceraient l’UE et le Royaume-Uni en l’absence d’accord ?

En l’absence d’accord de libre-échange conclu entre l’UE et le Royaume-Uni au 31 décembre, le commerce entre les deux parties serait régi par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), une institution réunissant 164 États membres. Elles impliquent des droits de douane et des contrôles aux frontières et concernent un large éventail de secteurs d’activité, comme l’agriculture, les activités bancaires et l’hygiène alimentaire. Les règles du commerce international, négociées par les États membres de l’OMC, reposent sur plusieurs principes tels que la concurrence loyale, la non-discrimination (tout avantage consenti par un membre de l’OMC à un autre est étendu à tous les autres) et la réciprocité (un pays qui accepte un avantage doit l’offrir en retour). Boris Johnson a affirmé qu’un tel scénario serait « un bon résultat pour le Royaume-Uni ».

POUR ALLER PLUS LOIN

La chronologie du Brexit depuis le référendum sur le site Toute l’Europe.

L’article de Brief.eco sur la régulation du commerce international.