10 septembre 2020

Tout s'explique

Le WWF alerte sur la disparition des vertébrés

Quel est le constat dressé par le WWF ?

L’ONG internationale WWF a publié aujourd’hui son rapport « Planète vivante », une analyse scientifique réalisée tous les deux ans pour mesurer l’état de la biodiversité sur la planète. Selon ce rapport, la taille moyenne des populations de vertébrés sauvages (mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles et poissons) a décliné de 68 % entre 1970 et 2016. Ce chiffre provient de l’Indice Planète Vivante qui est calculé par la Société zoologique de Londres, une société savante, à partir de données scientifiques collectées sur 21 000 populations de plus de 4 000 espèces de vertébrés. La réduction de la biodiversité nuit à l’équilibre des écosystèmes et menace la sécurité alimentaire mondiale, par exemple parce que la disparition de certaines espèces amoindrit la fertilité des sols ou nuit à la pollinisation. La perte d’abondance est plus particulièrement marquée dans les milieux d’eau douce (zones humides, lacs ou rivières), avec un déclin de 84 %, et dans les zones tropicales des Amériques, avec un déclin de 94 %.

Quelles sont les causes de ce déclin ?

Ce déclin est dû aux activités humaines, en particulier à la destruction des écosystèmes à des fins agricoles. « 80 % de la déforestation mondiale et la majorité des feux de forêt tropicaux, de même qu’une grande partie de la disparition des zones humides et des pollutions des milieux d’eau douce s’expliquent par l’extension des surfaces agricoles », explique Arnaud Gauffier, directeur des programmes au WWF France. Selon lui, les solutions passent par la diminution de la consommation de viande, la lutte contre le gaspillage alimentaire et la « transition agroécologique ». Le WWF note aussi que la destruction des écosystèmes contribue à l’émergence de zoonoses, ces maladies transmises de l’animal à l’homme. Les autres causes du déclin des vertébrés sont la surexploitation des espèces, la pollution (plastique et pesticides), les espèces invasives disséminées par les êtres humains et le changement climatique.

Quelles actions sont engagées pour protéger la biodiversité ?

La Convention sur la diversité biologique (CDB), premier traité international sur ce sujet, a été adoptée en 1992 à Rio de Janeiro (Brésil), lors du Sommet de la Terre, une conférence organisée tous les 10 ans par l’ONU. Ce texte juridiquement contraignant est aujourd’hui ratifié par 195 pays ainsi que par l’UE. Les États-Unis sont le seul grand pays à ne pas l’avoir signé. À l’origine, la CDB prévoyait de mettre un terme à la perte de biodiversité d’ici 2010. Cet objectif n’a pas été atteint. Cette année-là, les gouvernements signataires ont décidé de créer l’IPBES, un groupe international d’experts sur la biodiversité, qui a vu le jour en 2012. Ce dernier a publié l’an dernier un rapport selon lequel 1 million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction au cours des prochaines décennies. Pour inverser la tendance, il recommande l’adoption de techniques agricoles plus durables et la réduction de « la demande pour les produits animaux », en particulier la viande.