15 septembre 2020

Tout s'explique

La Californie fait face à d’intenses incendies

Quelle est l’ampleur des incendies en Californie ?

Le président américain, Donald Trump, s’est rendu hier en Californie pour une visite de deux heures dans cet État de la côte Ouest américaine, partiellement ravagé par les flammes. Il y a mis en cause la gestion des forêts par l’État californien, dont le gouverneur est démocrate. Le mois dernier, une dizaine de milliers d’éclairs ont frappé la région en quelques jours, provoquant des centaines de départs de feu. Depuis le 15 août, 485 000 hectares ont brûlé selon CalFire, l’agence locale de lutte contre les incendies. D’autres États de l’ouest du pays, l’Oregon et l’État de Washington, sont eux aussi touchés par les feux. Les incendies ont tué au moins 35 personnes, dont 24 en Californie. En 2020, plus de 1,3 million d’hectares ont brûlé en Californie, soit une superficie supérieure à celle de l’Île-de-France, contre 105 000 en 2019, selon CalFire. Au directeur des ressources naturelles de l’État, qui mettait en cause le réchauffement climatique, Donald Trump a répondu : « Ça va finir par se rafraîchir. »

Pourquoi la Californie est-elle particulièrement sujette à des incendies ?

La Californie représente « à presque tout point de vue » une « parfaite recette » pour des départs de feu, explique le bioclimatologue Park Williams au New York Times. Le premier facteur est le climat sec, particulièrement propice. La végétation, qui s’assèche tout au long du printemps et de l’été, est alors sensible à la moindre étincelle. La Californie est l’État le plus peuplé du pays, ce qui accroît les risques de négligences humaines responsables d’incendies. Paradoxalement, la lutte menée par les autorités locales contre le feu depuis des décennies rend la région plus vulnérable. Les interventions de pompiers préservent une part de végétation des incendies, qui forme alors une concentration d’arbres et d’arbustes susceptibles de prendre feu rapidement. Enfin, les vents qui soufflent de l’automne au printemps propagent le feu jusqu’à trois fois plus vite qu’à l’ordinaire, selon une étude publiée en 2015 dans une revue scientifique environnementale.

Existe-t-il des preuves de l’impact du réchauffement climatique sur les feux de forêt ?

Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec), mis en place par l’ONU, a établi en 2013 dans un rapport que le réchauffement climatique avait participé à la multiplication des feux de forêt ces dernières décennies. Dans une étude publiée en janvier, des chercheurs internationaux rapportent que « le réchauffement climatique d’origine humaine a déjà conduit à une augmentation globale de la fréquence et de l’intensité » de ces incendies. L’ouest des États-Unis, l’Amazonie ainsi que la Sibérie et l’Australie sont concernés. Kevin Trenberth, chercheur au Centre national de recherche atmosphérique, un centre de recherche américain, explique dans le site The Conversation que « le réchauffement climatique ne provoque pas d’incendies de forêt » directement, ces derniers restent d’origine humaine (mégots, etc.) ou naturelle (foudre, etc.), mais il « augmente le risque d’incendies de forêts », en rendant les sols plus secs par exemple.

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