18 septembre 2020

Tout s'explique

Un « embouteillage » dans l’accès au dépistage du Covid-19

Quelles solutions sont envisagées pour faciliter l’accès aux tests ?

La Haute Autorité de santé, une autorité publique indépendante, s’est déclarée cet après-midi favorable à l’utilisation et au remboursement de tests salivaires pour les patients présentant des symptômes du Covid-19. Elle estime qu’ils faciliteront les prélèvements. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a admis hier soir que les efforts pour augmenter le volume de dépistage du Covid-19 ont causé un « embouteillage » dans l’accès aux tests. Pour y remédier, le ministre a expliqué que plusieurs catégories de personnes devaient être prioritaires, comme celles qui ont une ordonnance et celles présentant des symptômes. Depuis mercredi, des tests antigéniques, dont la fiabilité n’est pas encore confirmée, mais dont le résultat est disponible en 30 minutes, peuvent être proposés afin de « décharger les laboratoires de certaines patientèles », comme les personnes sans symptômes et qui ne sont pas cas contacts.

Comment a évolué le nombre de tests en France ?

Plus de 1,2 million de tests ont été pratiqués la semaine dernière dans le pays, selon les données de Santé publique France, un organisme public dépendant du ministère de la Santé. Ce chiffre a doublé en un mois et il était inférieur à 250 000 juste après le déconfinement mi-mai. Dans son discours du 14 juillet, Emmanuel Macron déclarait « encourager » les tests « sans prescription médicale », même quand la personne « n’a pas de symptômes, si elle a un doute ». Afin de permettre l’augmentation du nombre de tests, d’abord pratiqués par les biologistes et les infirmiers, le gouvernement a progressivement autorisé de nombreuses catégories de soignants à les effectuer : étudiants en santé, secouristes, aides-soignants… Un décret paru mercredi au Journal officiel permet désormais aux masseurs-kinésithérapeutes de participer au dépistage.

Quelle est la situation à l’étranger ?

La France n’est pas le seul pays à connaître une forte demande de tests. En Espagne, pays de l’UE qui enregistre ces dernières semaines le plus de nouveaux cas de contamination, un collectif d’associations de médecins a averti lundi que les centres de santé faisaient face à une telle demande de tests qu’ils ne pouvaient plus traiter correctement les autres patients. Le collectif réclame la création d’unités consacrées aux tests de dépistage du Covid-19. L’Allemagne fait également face à des délais parfois très longs entre les tests et leurs résultats. Elle a mis fin mardi à la gratuité des tests pour les personnes rentrant d’un voyage à l’étranger, sauf s’ils reviennent d’une zone classée à risque. Au Royaume-Uni également, le ministre de la Santé, Matt Hancock, a reconnu la semaine dernière que des personnes nécessitant un dépistage peinaient à l’obtenir et en a attribué la faute aux personnes qui passent des tests alors qu’elles n’ont pas de symptôme.