2 octobre 2020

Tout s'explique

L’UE prend des sanctions contre le régime biélorusse

Que reprochent les États européens au régime d’Alexandre Loukachenko ?

L’Union européenne a approuvé aujourd’hui une série de sanctions visant le régime biélorusse. Les 27 États membres contestent la validité du scrutin présidentiel du 9 août dernier, qui avait consacré la victoire du président sortant, Alexandre Loukachenko, avec plus de 80 % des voix. Ils reprochent à ce dernier la répression de l’opposition. Les sanctions consistent en un gel des avoirs en Europe et une interdiction d’entrée sur le territoire de l’UE pour une quarantaine de personnalités biélorusses. Alexandre Loukachenko ne figure pas dans cette liste, mais l’UE n’a pas exclu de l’y ajouter si la situation venait à se durcir. La Biélorussie a mis en place des mesures de réciprocité à l’encontre de l’UE. Le porte-parole de la présidence russe, qui soutient le chef de l’État biélorusse, a déclaré que les sanctions européennes représentaient une « preuve de faiblesse plus que de force ».

Pourquoi l’UE a-t-elle tardé à prendre ces mesures contre la Biélorussie ?

Les dirigeants des 27 États membres de l’UE étaient convenus le 19 août d’« imposer des sanctions aux responsables des violences, de la répression et de la fraude électorale » en Biélorussie. L’instauration de sanctions à l’égard d’un pays requiert un vote unanime des 27 États membres. Chypre conditionnait son accord à une prise de position ferme de l’UE à l’égard de la Turquie, qu’elle accuse de violer ses eaux territoriales. Le ministre chypriote des Affaires étrangères, Nikos Christodoulides, a affirmé fin septembre que les deux propositions de sanctions « devaient avancer de façon parallèle avec pour objectif leur immédiate adoption ». Chypre a obtenu gain de cause jeudi soir. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a assuré que l’UE utiliserait « tous les instruments » à sa disposition, si la Turquie ne cessait pas ses prospections illégales d’hydrocarbures en Méditerranée.

Où en est la contestation en Biélorussie ?

Des manifestations se déroulent tous les jours en Biélorussie depuis près de deux mois. Le ministère biélorusse de l’Intérieur a annoncé lundi que 500 personnes avaient été arrêtées lors de rassemblements organisés samedi et dimanche dans une vingtaine de villes. En septembre, au moins 2 700 manifestants ont été envoyés dans des centres de détention, selon l’ONG biélorusse de défense des droits humains Viasna. Le 1er septembre, des experts de l’ONU avaient appelé les autorités biélorusses à mettre un terme à la torture des détenus. Le ministère biélorusse des Affaires étrangères a annulé aujourd’hui les accréditations de tous les journalistes étrangers dans le pays. Plus de 70 sites, dont des médias et des services de messagerie électronique, ont été bloqués par les autorités depuis août, écrivait le 23 septembre l’ONG de défense de la liberté de la presse RSF.