5 octobre 2020

Tout s'explique

De nouvelles mesures sanitaires dans les régions de Paris et Marseille

Quelles nouvelles mesures sanitaires ont été annoncées ?

Le gouvernement a annoncé hier soir que Paris, la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne passaient en zone d’alerte maximale en raison de la propagation du Covid-19. Le préfet de police de Paris a présenté ce matin les restrictions en vigueur à partir de demain et pour au moins 15 jours : fermeture des bars, interdiction des foires ou encore limitation des visites dans les Ehpad. Dans les zones d’alerte renforcée et maximale, les salles de cours des universités ne pourront être remplies qu’à 50 %, ont précisé les services du Premier ministre. Les restaurants restent ouverts avec un protocole sanitaire renforcé, qui doit être précisé ultérieurement pour les restaurateurs de la région parisienne. À Marseille et Aix-en-Provence, la préfecture a autorisé ce matin leur réouverture à condition que le service se fasse à table, dans la limite de six convives par table, avec une distance d’un mètre entre chaque chaise, et qu’un cahier de rappel soit mis en place.

Comment fonctionnent les cahiers de rappel dans les restaurants ?

Le cahier de rappel d’un restaurant contient les coordonnées des clients, comme leur nom et leur numéro de téléphone. Il permet aux autorités sanitaires de les joindre lorsqu’un des clients se révèle positif au Covid-19, afin de faciliter le traçage des cas contacts. Plusieurs pays européens ont déjà instauré ce système, comme la Suisse et la Belgique. En Allemagne, où ces cahiers sont obligatoires depuis le mois de mai dans certaines régions, ils ont permis de prévenir rapidement les clients après des cas de contamination, pour les inviter à s’isoler et se faire tester. Le système repose sur la bonne foi des clients, qui donnent parfois de faux noms. Il donne aussi lieu à des abus : le journal Der Spiegel rapportait début août que des entrepreneurs s’étaient servis de ces données pour faire du démarchage commercial. À Hambourg, la police s’en est également servie pour rechercher des témoins d’un fait divers.

Existe-t-il des preuves de contamination plus importante dans les bars ?

« Il y a quatre fois plus de risques d’être contaminé au Covid quand on a fréquenté un bar dans les jours avant », a affirmé le ministre de la Santé, Olivier Véran, le 24 septembre au Sénat. Peu d’études ont été réalisées sur le sujet. L’une, publiée le 11 septembre par l’agence fédérale américaine de contrôle et de prévention des maladies, montrait que les personnes ayant régulièrement fréquenté un bar ou un café les 14 derniers jours avaient 3,9 fois plus de risques d’être contaminées que celles qui n’y étaient pas allées. Ce taux baisse à 2,8 pour les restaurants. Les auteurs de l’étude soulignent toutefois qu’elle reste parcellaire. En France, Santé publique France, un organisme public dépendant du ministère de la Santé, rapportait dans son dernier bilan, le 1er octobre, que les rassemblements temporaires de personnes lors d’évènements publics ou privés représentaient 11 % des foyers de contamination depuis le 9 mai, derrière les entreprises (24,9 %) et le milieu scolaire et universitaire (19,5 %).

POUR ALLER PLUS LOIN

L’ensemble des mesures prises à Paris sur le site de la mairie de Paris.