12 octobre 2020

Tout s'explique

Les violences contre les forces de l’ordre

Quelles sont les dernières violences commises contre des policiers ?

Plusieurs dizaines de personnes ont attaqué avec des tirs de mortiers d’artifice le commissariat de Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, dans la nuit de samedi à dimanche, sans faire de blessé. Cette attaque intervient après que deux policiers ont été blessés par balles mercredi dans le Val-d’Oise. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a affirmé hier sa volonté d’interdire la vente de mortiers d’artifice sur Internet et de les considérer comme des « armes par destination », des objets détournés en armes. Il a annoncé qu’il déposerait un amendement en ce sens à une proposition de loi LREM sur la sécurité examinée à partir de mi-novembre. Gérald Darmanin a annoncé qu’Emmanuel Macron recevrait jeudi les syndicats de police pour « arbitrer un certain nombre de mesures ». Plusieurs d’entre eux ont organisé des rassemblements aujourd’hui.

Que dit la législation sur les mortiers d’artifice ?

Les mortiers d’artifice, à distinguer des mortiers d’artillerie qui tirent des obus, sont des engins pyrotechniques utilisés par des professionnels des feux d’artifice. Depuis plusieurs années, leur usage a été détourné. Des tirs sont dirigés contre des forces de l’ordre et des pompiers, notamment lors du Nouvel An et du 14-Juillet, pouvant causer des blessures. Des décrets de 2009 et 2010 restreignent la vente, la détention et l’usage de ces mortiers aux seuls professionnels disposant d’un agrément. Il est toutefois facile de s’en procurer sur Internet. Après une multiplication de tirs à l’encontre de forces de l’ordre ces derniers mois, deux députés ont alerté fin juillet le ministre de l’Intérieur sur ce « fléau », rapportant que « les commandes de mortiers se font sur des plateformes et sont ensuite diffusées par le bouche-à-oreille ou des applications de type Snapchat ».

Combien de membres des forces de l’ordre ont été blessés ou tués ces dernières années en France ?

En 2018, 25 policiers et gendarmes sont décédés dans l’exercice de leurs fonctions, dont 13 dans le cadre d’une opération, selon le dernier rapport publié en novembre 2019 de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), un organisme indépendant qui s’appuie sur les statistiques du ministère de l’Intérieur. Ce bilan s’approche de celui de 2016 (26 décès), mais est en hausse par rapport à 2017 (15 décès). Près de 10 800 agents (policiers et gendarmes) ont par ailleurs été blessés lors de missions en 2018. L’ONDRP ajoute que la majorité des 6 000 policiers blessés en mission l’ont été lors d’une mission de sécurité publique. Ces derniers mois, près d’une dizaine de commissariats ont été attaqués en Île-de-France, principalement avec des tirs de mortiers d’artifice.

POUR ALLER PLUS LOIN

Voir des vidéos montrant l’attaque sur le site du Parisien.