14 octobre 2020

Tout s'explique

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU critiqué

Quels pays ont intégré le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ?

L’Assemblée générale de l’ONU a élu hier 15 membres au Conseil des droits de l’homme (CDH), un organe de l’ONU chargé de la protection des droits humains, dont la France, la Chine, la Russie et Cuba, pour un mandat de trois ans, à compter du 1er janvier. Le CDH compte au total 47 membres, renouvelés par tiers tous les ans à la majorité de l’Assemblée générale et selon un nombre de sièges prédéterminés et répartis équitablement entre les régions du monde. L’ONG de défense des droits humains Human Rights Watch a critiqué particulièrement l’élection de la Chine, « responsable de violations des droits humains » dont « la détention arbitraire d’un million de musulmans » ouïghours. L’ONG Democracy for the Arab World Now s’est pour sa part félicitée de l’échec de l’Arabie saoudite à se faire élire, la considérant comme « un paria » en raison de la guerre au Yémen et de l’enfermement de prisonniers politiques.

À quoi sert le Conseil des droits de l’homme ?

Basé en Suisse et créé en 2016 en remplacement de la Commission des droits de l’homme, le CDH est chargé de « la défense de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales ». Chaque année, il effectue un « examen périodique universel » de la situation de 42 États membres de l’ONU. Tous les cinq ans environ, les 193 États membres de l’ONU sont ainsi examinés. Le CDH peut également être saisi par des citoyens ou des ONG pour examiner une situation de « violation flagrante » des droits humains dans le monde. Il formule ensuite des recommandations non contraignantes aux États concernés, qui « sont généralement mises en œuvre », rapporte la chercheuse en droit international à l’Université de Lille Camille Cressent dans le site The Conversation. Elle explique que le fait de pointer publiquement un État le pousse à se conformer aux règles internationales « afin de ne pas entacher sa réputation ».

Quelles critiques sont formulées à son encontre ?

La Commission puis le Conseil des droits de l’homme font l’objet de nombreuses critiques depuis plusieurs années. La création du CDH en 2016 visait à remplacer la Commission, décrédibilisée par la présence de pays peu respectueux des droits humains. En juin 2018, les États-Unis se sont retirés du CDH en dénonçant le fait qu’il avait « adopté plus de résolutions condamnant Israël que la Syrie, l’Iran et la Corée du Nord réunis ». Le président américain, Donald Trump, avait alors affirmé que l’instance servait de « bouclier aux auteurs de violations des droits humains », tels que le Venezuela, Cuba et la Chine, et appelé à une réforme du CDH. L’ONG UN Watch, qui veille à ce que l’ONU respecte sa propre charte, a rapporté ce matin que l’élection des nouveaux membres hier porte de 51 % à 60 % le nombre de pays membres du CDH qui « ne satisfont pas aux normes minimales d’une démocratie libre ».

POUR ALLER PLUS LOIN

La liste des 15 pays élus hier au CDH sur le site de l’ONU.