19 octobre 2020

C'est leur avis

Les aventures peu coûteuses d’Erdogan

La Turquie a de nouveau envoyé un navire d’exploration gazière en Méditerranée la semaine dernière, dans une zone maritime disputée avec la Grèce. Selon Bobby Ghosh, chroniqueur pour Bloomberg, les ambitions du président turc, Recep Tayyip Erdogan, en Libye, au Haut-Karabakh ou en Méditerranée, ne sont contrariées ni par les pertes humaines ni par les pertes économiques.

« Le président de la Turquie fait ce qu’il fait parce qu’il s’en sort bien. […] Le sang turc n’a pratiquement pas coulé, notamment parce qu’une grande partie des combats sont menés par des mercenaires étrangers recrutés sur les champs de bataille syriens. […] Pour le Trésor turc, les coûts sont susceptibles d’être importants, mais Erdogan peut raisonnablement faire valoir que ceux-ci seront compensés par des gains économiques. En intervenant en Libye, par exemple, Ankara espère récupérer des contrats de construction d’une valeur de 18 milliards de dollars et ouvrir de nouvelles opportunités d’exploration pétrolière et gazière. Les manœuvres maritimes dans la Méditerranée orientale sont conçues pour permettre aux Turcs de revendiquer de vastes réserves de gaz et pour montrer un peu de leur puissance navale. » Bobby Ghosh