28 octobre 2020

Tout s’explique

La composition floue des produits pour cigarettes électroniques

Que dit le bilan de l’Anses sur la composition des cigarettes électroniques ?

L’agence nationale de sécurité sanitaire Anses a publié ce matin un bilan des produits pour cigarettes électroniques vendus en France. L’agence a analysé plus de 33 000 produits du vapotage, majoritairement des liquides, à partir des déclarations de mise sur le marché enregistrées entre 2016 et juin 2019. Elle a mis en évidence que « seulement 52 % » des liquides présentent une composition « qualitativement cohérente et constituée exclusivement de substances bien identifiées ». Pour près de deux produits sur cinq, les dosages en nicotine ne correspondent pas à ce que les fabricants ont déclaré et pour quelques dizaines d’entre eux, la concentration en nicotine est trop élevée par rapport à ce que la réglementation impose. L’Anses rapporte également que « moins de 4 % des produits contiennent une ou plusieurs substances CMR » (cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction), pourtant interdites.

Que sait-on de la nocivité des cigarettes électroniques ?

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), une agence de l’ONU, a réaffirmé en janvier que les cigarettes électroniques étaient « nocives pour la santé » de leurs utilisateurs et leur entourage, en raison de leurs émissions qui « contiennent généralement de la nicotine et d’autres substances toxiques ». L’OMS précise toutefois qu’il est encore « trop tôt pour apporter une réponse claire sur l’impact à long terme » des cigarettes électroniques. Une étude publiée en décembre 2019 par l’American Journal of Preventive Medicine a conclu que le vapotage augmentait le risque de maladies respiratoires, comme c’est le cas de la consommation de cigarettes. L’agence fédérale américaine de contrôle et de prévention des maladies estime sur son site qu’une épidémie de lésions pulmonaires qui a culminé à l’été 2019 et fait plusieurs dizaines de morts aux États-Unis est liée à l’utilisation de produits de vapotage contenant la principale molécule active du cannabis.

Dans quelle mesure permet-elle d’arrêter le tabac ?

En France, l’Académie nationale de médecine, une société savante, a réaffirmé en décembre que la cigarette électronique était « moins dangereuse que la cigarette » et qu’elle « aidait à l’arrêt et à la diminution de tabac ». 700 000 personnes qui fumaient quotidiennement depuis plus de six mois ont arrêté de fumer grâce à la cigarette électronique entre son arrivée sur le marché en France au début des années 2010 et 2017, selon une estimation d’un baromètre de Santé publique France, un organisme public dépendant du ministère de la Santé. Cette étude précise que la quasi-totalité des vapoteurs de 18 à 75 ans sont des fumeurs ou des anciens fumeurs et que la part de fumeurs quotidiens en France a été divisée par deux chez les vapoteurs entre 2014 et 2017.

POUR ALLER PLUS LOIN

La fiche sur les produits du vapotage sur le site de l’Anses.