31 octobre 2020

On revient au début

Le bilan de Donald Trump à la Maison-Blanche

Le président des États-Unis, Donald Trump, est candidat à sa réélection lors de l’élection présidentielle du 3 novembre. Homme d’affaires et ancien animateur de télévision, il a succédé à Barack Obama en janvier 2017. Au cours de ses quatre années de mandat, il est intervenu en particulier dans les domaines de l’immigration, de l’environnement et de l’économie, tout en subissant une procédure de destitution qui n’a pas abouti.


À l’origine

Donald Trump est né en 1946 aux États-Unis. Fils d’un riche promoteur immobilier, il prend la direction de l’entreprise familiale en 1971. Il s’investit aussi dans le secteur audiovisuel et présente une émission de téléréalité pendant 11 ans. Parallèlement, il entame une carrière politique : il s’inscrit au Parti républicain en 1987, rejoint en 1999 un autre parti, pour lequel il brigue l’investiture à la présidentielle, mais sans aller jusqu’au bout, puis adhère au Parti démocrate en 2001 avant de redevenir républicain en 2009. Il remporte la primaire de ce parti pour l’élection présidentielle de 2016. En novembre, il gagne la présidentielle en se voyant attribuer 306 grands électeurs, contre 232 pour sa principale adversaire Hillary Clinton. Elle a pourtant obtenu 2,86 millions de suffrages de plus que lui, un écart qui déclenche des manifestations. Le 20 janvier 2017, Donald Trump devient le 45e président des États-Unis. C’est le premier président à n’avoir jamais exercé de fonction politique ou militaire. Il refuse de publier sa déclaration de revenus comme le veut la tradition. Une enquête publiée par le New York Times en septembre 2020 affirme qu’il « n’a pas du tout payé d’impôt sur le revenu au cours de 10 des 15 précédentes années » en raison des difficultés de ses entreprises.


Les dates clés

Janvier 2017

Le 27 janvier 2017, une semaine après son investiture, Donald Trump signe un décret interdisant pendant trois mois l’arrivée des ressortissants de sept pays à majorité musulmane : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. L’objectif est de préserver la « sécurité nationale » du pays. Fin 2015, après une attaque terroriste à San Bernardino, en Californie, Donald Trump avait promis qu’il interdirait aux musulmans l’accès au territoire américain s’il était élu, mais une telle formulation se serait révélée inconstitutionnelle. Début février 2017, l’application du décret est bloquée par plusieurs juges fédéraux, une décision confirmée par une cour d’appel fédérale quelques jours plus tard, qui estime que l’exécutif n’a pas pu prouver qu’un « étranger de l’un des pays mentionnés dans le décret a perpétré une attaque terroriste aux États-Unis ». L’exécutif revoit alors son décret à deux reprises. En septembre 2017, sa troisième version vise de manière permanente les ressortissants de la Corée du Nord, de l’Iran, de la Libye, de la Somalie, de la Syrie et du Yémen. La Cour suprême valide son application en juin 2018.

Juin 2017

Au cours de sa campagne, Donald Trump a plusieurs fois fustigé les mesures visant à ralentir le dérèglement climatique, parce qu’il estime que celles-ci vont « tuer l’emploi et le commerce ». En juin 2017, il annonce la sortie des États-Unis – deuxième pays contribuant le plus au réchauffement climatique – de l’accord de Paris sur le climat, conclu en 2015 par 194 pays. Le retrait effectif ne peut toutefois pas intervenir avant le 4 novembre 2020. Cette annonce s’ajoute à d’autres mesures prises par Donald Trump pour limiter les réglementations environnementales. Dès son arrivée à la Maison-Blanche, il avait nommé Scott Pruitt, un procureur général connu pour ses positions climatosceptiques, à la tête de l’Agence américaine de protection de l’environnement, dont il a gelé les subventions et contrats. Il a également autorisé la reprise des travaux de l’oléoduc Keystone qui avaient été suspendus par Barack Obama en raison des risques qu’ils font peser sur des nappes phréatiques.

Décembre 2019

La Chambre des représentants, à majorité démocrate depuis novembre 2018, vote en décembre 2019 la mise en accusation de Donald Trump, soupçonné d’avoir abusé de son pouvoir. La majorité de ses membres reprochent au président américain d’avoir incité lors d’une conversation téléphonique son homologue ukrainien à soutenir auprès de la justice de son pays la mise en place d’une enquête concernant son principal adversaire politique à la présidentielle de 2020, Joe Biden, et le fils de ce dernier, qui a siégé au conseil d’administration d’une société d’hydrocarbures ukrainienne. La Chambre des représentants l’accuse également de ne pas avoir accepté de coopérer à son enquête parlementaire à ce sujet. Seules trois procédures de destitution avaient jusqu’ici été enclenchées aux États-Unis. Après la procédure de mise en accusation, le procès en destitution s’ouvre au Sénat, à majorité républicaine. Ses membres acquittent Donald Trump le 5 février 2020 par 52 voix contre 48 pour l’accusation d’abus de pouvoir et par 52 voix contre 47 pour l’obstruction au Congrès.

Février 2020

Le département américain du Commerce annonce en février 2020 le recul du déficit commercial (les exportations moins les importations) entre les États-Unis et la Chine. Il s’agit d’une première en six ans. Le déficit s’est ainsi établi à 616,8 milliards de dollars en 2019, soit 1,7 % de moins qu’en 2018. Donald Trump attribue ce recul à la « guerre commerciale » qu’il a engagée contre la Chine en mars 2018. Le Bureau du représentant américain au Commerce avait alors relevé les droits de douane sur des marchandises chinoises représentant des ventes annuelles de 250 milliards de dollars. La Chine avait répliqué par une hausse du montant des droits de douane sur des produits américains. Plusieurs augmentations supplémentaires se sont succédé, jusqu’à ce que les deux pays parviennent en janvier 2020 à un accord préliminaire suspendant leur différend commercial. Au cours de son mandat, Donald Trump a aussi visé directement des entreprises chinoises. L’exécutif américain a par exemple interdit aux organismes publics du pays d’acheter des équipements aux groupes Huawei et ZTE en mettant en avant des « menaces pour la sécurité nationale ».


Les chiffres

22 247 mensonges. Selon un décompte du quotidien The Washington Post, Donald Trump a proféré 22 247 affirmations fausses entre janvier 2017 et août 2020. Cette liste montre par exemple à quel point Donald Trump a fréquemment affirmé que l’épidémie de Covid-19 était en voie de disparition dans le pays alors qu’elle s’y maintient à un niveau élevé. Le Washington Post relève également que Donald Trump a plusieurs fois lancé des affirmations fausses pour critiquer la gestion de l’épidémie dans les États gouvernés par des Démocrates.

597 kilomètres. Donald Trump avait promis lors de sa campagne d’ériger un mur le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, longue de 3 150 kilomètres, afin de lutter contre l’immigration illégale. Le 19 octobre, la construction de ce mur n’avait atteint que 597 kilomètres, selon les dernières données du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis.

24 000 tweets. Donald Trump s’est différencié de ses prédécesseurs par son usage intensif des réseaux sociaux, en particulier de Twitter. Au cours de son mandat, il a ainsi tweeté plus de 24 000 fois en 1 379 jours, soit plus de 17 messages par jour, selon un décompte du site Trump Twitter Archive. Selon Sean Spicer, son porte-parole en 2017, ses affirmations sur son compte personnel sont à considérer comme des « déclarations officielles ».