2 novembre 2020

Tout s'explique

Les « rayons non essentiels » fermés dans les grandes surfaces

Qu’a annoncé le Premier ministre sur les « rayons non essentiels » ?

Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé hier soir l’interdiction de la vente dans les grandes surfaces « de produits qui ne peuvent pas être vendus dans les commerces de proximité » pour éviter une distorsion de concurrence. La liste des produits concernés, qui comportera par exemple les livres ou le maquillage, selon les premières déclarations de membres du gouvernement, doit être précisée dans le décret régissant le confinement. Cette mesure, qui entre en vigueur demain matin, répond à un « problème de justice », a déclaré sur TF1 le Premier ministre. Ce week-end, de nombreux professionnels qui ont dû fermer leur commerce avaient dénoncé une inégalité de traitement avec les grandes surfaces alimentaires et spécialisées, autorisées à ouvrir alors qu’elles vendent les mêmes produits. Le gouvernement avait annoncé dès vendredi soir la fermeture des rayons livres et culture des grandes surfaces « par souci d’équité ».

À quel point la fermeture des commerces dits « non essentiels » a-t-elle profité à la vente en ligne ?

Les commerces dits « non essentiels » avaient déjà dû fermer lors du premier confinement, de mars à mai. La vente de produits grand public en ligne a connu une augmentation de 45,7 % au deuxième trimestre 2020 par rapport au deuxième trimestre 2019 en raison de « la fermeture des magasins hors alimentaire pendant le confinement » et du « maintien des ventes à un niveau élevé depuis le déconfinement », selon un bilan publié mi-septembre par la Fevad, la fédération du e-commerce et de la vente à distance qui regroupe 600 entreprises et 800 sites internet, dont Amazon France, la Fnac et Cdiscount. La Fevad note que l’activité des magasins physiques sur les places de marché, ces sites servant de plateforme de vente aux petits commerçants en échange d’une commission, était en hausse de 60 % en avril et en mai (par rapport aux mêmes mois de 2019). Au niveau mondial, Amazon a annoncé avoir augmenté le montant de ses ventes de 40 % au deuxième trimestre 2020 par rapport au deuxième trimestre 2019.

Les maires peuvent-ils rouvrir les commerces dits « non essentiels » ?

Plusieurs maires ont pris des arrêtés pour autoriser la réouverture des commerces non alimentaires depuis vendredi. Plusieurs préfectures ont annoncé avoir attaqué ces arrêtés devant la justice administrative. La préfecture du Tarn-et-Garonne a souligné que l’arrêté pris par le maire de Montauban était « illégal », car contraire au décret régissant le confinement, et précise que les commerces concernés « se verraient sanctionnés d’une amende, voire de poursuites pénales ». « Dans la hiérarchie des normes, un arrêté est inférieur au décret », explique le site du gouvernement Vie-publique.fr. Selon le décret régissant le confinement, les commerces qui ne sont pas autorisés à recevoir du public peuvent maintenir « leurs activités de livraison et de retrait de commandes », aussi appelées « click & collect ». Le gouvernement a annoncé ce week-end plusieurs mesures pour soutenir les commerces, dont un fonds de 100 millions d’euros pour leur numérisation.

POUR ALLER PLUS LOIN

La carte participative des librairies qui proposent le click & collect en France sur Livres Hebdo.