2 novembre 2020

C'est leur avis

La difficile alternance en Afrique

L’élection présidentielle en Côte d’Ivoire s’est tenue samedi dans un climat marqué par des violences et le boycott de l’opposition, qui dénonce la candidature du président sortant, Alassane Ouattara. Simon Petite, journaliste pour le quotidien suisse Le Temps, estime dans un éditorial que l’alternance démocratique est à nouveau bafouée en Afrique.

« Le résultat de ce scrutin est cousu de fil blanc. Le président Ouattara l’emportera, mais la suite est beaucoup plus incertaine et une explosion de violences est à craindre. […] La Côte d’Ivoire n’est malheureusement pas une exception. La Guinée voisine est également plongée dans une crise post-électorale profonde, après la réélection du président Alpha Condé, 82 ans, pour un troisième mandat, après avoir modifié au pas de charge la Constitution. Il y a quelque chose de profondément désespérant à voir de vieux démocrates, autrefois longtemps dans l’opposition, qui, une fois arrivés au pouvoir, s’y accrochent en se pensant indispensables. […] Bien d’autres élections sont prévues en Afrique ces prochains mois. Et les pays africains seront appelés à offrir leur médiation en cas de crise électorale chez leur voisin. Comment cette intervention pourrait-elle être neutre si elle émane d’une amicale d’autocrates, plutôt que d’une assemblée légitime ? » Simon Petite