3 novembre 2020

Tout s'explique

Attaque terroriste dans le centre de Vienne

Que s’est-il passé à Vienne ?

Quatre personnes ont été tuées et une vingtaine blessées par un terroriste qui a tiré plusieurs coups de feu hier soir dans le centre historique de Vienne, la capitale de l’Autriche, près de l’Opéra et d’une synagogue. Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a affirmé qu’il s’agissait d’une « attaque terroriste islamiste », perpétrée en raison d’une « haine de nos valeurs fondamentales, de notre mode de vie, de notre démocratie ». L’assaillant, tué par les forces de l’ordre, était « lourdement armé », a précisé le ministre de l’Intérieur. Âgé de 20 ans, il avait la double nationalité autrichienne et macédonienne. Il était « un sympathisant » du groupe terroriste État islamique et il avait été condamné pour avoir voulu rejoindre la Syrie, a ajouté le ministre de l’Intérieur.

L’Autriche avait-elle déjà été ciblée par le terrorisme islamiste ?

L’Autriche a été épargnée par la vague d’attentats islamistes qui ont frappé l’Europe ces dernières années. Les derniers attentats islamistes y ayant fait plusieurs morts remontent aux années 1980. En 2019, 43 personnes ont été arrêtées dans le pays en lien avec des activités terroristes islamistes, selon le rapport annuel sur le terrorisme dans l’UE publié en juin par Europol, l’agence européenne de police criminelle. Aucune attaque n’a été recensée ces dernières années, mais des projets ont été déjoués. L’Autriche n’est habituellement pas une cible, car elle « n’est pas perçue comme un des États les plus laïques au monde » et elle « n’intervient pas dans les questions internationales et certainement pas au Proche et au Moyen-Orient », analyse le géopolitologue Frédéric Encel sur Franceinfo. Le chancelier, Sebastian Kurz, a toutefois pris plusieurs mesures contre l’islam politique et la radicalisation en 2018, faisant fermer des mosquées et expulser des imams étrangers.

Quel est le niveau de la menace terroriste en Europe ?

En 2019, 18 attentats islamistes ont été déjoués ou ont échoué dans l’Union européenne et trois ont abouti, tuant 10 personnes, selon le rapport annuel d’Europol. Ce chiffre est en baisse par rapport aux 10 attentats et 23 tentatives recensés en 2017 et aux 7 attentats et 17 tentatives comptabilisés en 2018. Europol note toutefois que dans la plupart des pays européens « il n’y a aucun signe de diminution de l’activité » du terrorisme islamiste. 15 États ont ainsi procédé à l’arrestation d’un total de plus de 400 islamistes radicaux en 2019. La propagande officielle du groupe État islamique a certes diminué en volume et en puissance, mais les djihadistes dans l’UE sont connectés à des réseaux « en grande partie locaux », sans lien organisationnel avec les groupes terroristes, et « ancrés dans un milieu extrémiste musulman qui peut servir l’engagement terroriste », souligne Europol.