6 novembre 2020

Tout s'explique

L’épidémie de Covid-19 continue à progresser en Europe

Quels sont les derniers chiffres de l’épidémie ?

Dans un point hebdomadaire publié hier, Santé publique France, un organisme public dépendant du ministère de la Santé, dénombre 326 205 nouveaux cas de Covid-19 pour la semaine du 26 octobre au 1er novembre, soit presque 20 % de plus que la semaine précédente. 2 242 personnes sont mortes des suites du Covid-19 pendant cette période, soit 45 % de plus que la semaine précédente. Les admissions en réanimation ont augmenté de 43 %. Hier, 4 221 patients se trouvaient en réanimation pour une infection liée au Covid-19. Afin d’anticiper un risque de saturation, trois hôpitaux du Grand Est ont organisé vendredi un premier transfert de patients vers l’Allemagne. Avec près de 900 nouveaux cas de Covid-19 pour 100 000 habitants en 14 jours, la France est l’un des pays d’Europe où l’épidémie est la plus forte, derrière la République tchèque, la Belgique et le Luxembourg, selon le bilan quotidien du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, une agence de l’UE.

Quelles mesures ont été adoptées pour lutter contre cette seconde vague ?

La France est rentrée en confinement le 30 octobre, mais celui-ci a été assoupli par rapport à celui qu’ont connu les Français au printemps dernier. Les visites dans les Ehpad sont autorisées. L’activité économique est moins restreinte et les établissements scolaires restent ouverts. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, a toutefois autorisé hier les lycéens à faire davantage de cours à distance, à condition qu’au moins 50 % de l’enseignement se fasse encore en classe. À Paris, la préfecture de police interdit à partir de ce soir la vente à emporter et la livraison de plats entre 22h et 6h du matin pour éviter les regroupements devant les bars et les restaurants. Dans le reste de l’Europe, plusieurs pays ont mis en œuvre des mesures de confinement, recommandé (Allemagne, Portugal) ou obligatoire (Irlande, Royaume-Uni).

Qu’attendent les autorités du confinement actuel ?

Hier, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a estimé que les effets du nouveau confinement pourraient se faire sentir après la mi-novembre. Si le confinement est respecté, le pic des patients en réanimation, attendu pour la mi-novembre, ne devrait pas dépasser les 6 000 patients, a-t-il précisé, citant des projections de l’Institut Pasteur, spécialisé dans les maladies infectieuses. Ce nombre atteignait 7 019 début avril. Il s’agit aussi de faire passer le taux de reproduction du virus, c’est-à-dire le nombre de personnes que peut contaminer un malade, en dessous de 1, a expliqué Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé. Il était de 1,3 dans le dernier rapport de Santé publique France, pour la période du 26 octobre au 1er novembre. Interrogé par Le Monde, l’épidémiologiste William Dab, ex-directeur général de la Santé, juge que le reconfinement n’est pas assez strict pour y parvenir.

POUR ALLER PLUS LOIN