12 novembre 2020

Tout s'explique

Démission de députés prodémocratie à Hong Kong

Que s’est-il passé à Hong Kong ?

Les autorités chinoises ont adopté hier une décision donnant aux autorités hongkongaises le droit d’exclure les membres du Conseil législatif, le Parlement de Hong Kong, qui menacent la sécurité nationale. Ils n’auront pas besoin de procédure judiciaire. La décision prévoit que le soutien à l’indépendance de Hong Kong ou le refus de reconnaître la souveraineté de l’État chinois figurent dans les menaces susceptibles d’être retenues. À la suite de cette décision, le gouvernement de Hong Kong a exclu quatre députés prodémocratie. 15 autres ont démissionné en signe de protestation. Les États-Unis, le Royaume-Uni et l’UE ont critiqué ces décisions des autorités chinoises et hongkongaises. Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré aujourd’hui que les pays étrangers n’avaient « aucun droit de faire des remarques irresponsables dans le but de s’ingérer » dans les affaires de Hong Kong.

Comment fonctionne le Parlement hongkongais ?

Depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni en 1997, la « loi fondamentale de la région administrative spéciale de Hong Kong » donne à ce territoire un statut semi-autonome par rapport à l’État chinois. Elle confère au Conseil législatif un « degré élevé d’autonomie ». Ce Parlement se compose de 70 députés. La moitié sont élus dans des circonscriptions géographiques au suffrage universel direct. Les 35 autres sont surtout élus par des circonscriptions représentant différentes catégories socio-professionnelles. « Une motion sera validée seulement si elle obtient la majorité dans les deux groupes. Or, le régime communiste contrôle efficacement les deux tiers des 35 circonscriptions professionnelles », écrit l’avocat hongkongais Sang Pu dans un ouvrage publié en 2018. Il explique qu’il y a donc « très peu de chances » de passer une quelconque motion sans le soutien « des membres pro-Pékin ».

Comment la Chine a-t-elle renforcé son influence sur Hong Kong ?

Le Parlement chinois a adopté fin juin la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong. Elle instaure quatre infractions : la sécession, la subversion, le terrorisme et la collusion avec des pays étrangers. Ces délits sont passibles de peines de prison jusqu’à la perpétuité. Immédiatement après l’adoption de cette loi, l’organisation prodémocratie Demosisto, fondée en 2016, a annoncé sa dissolution, son cofondateur Joshua Wong estimant que « la vie et la sécurité » des militants étaient désormais menacées. Au moins 29 personnes ont été arrêtées depuis l’entrée en vigueur de cette loi, selon un décompte publié fin octobre par l’ONG de défense des droits humains Amnesty International. C’est le cas de Jimmy Lai, propriétaire du journal prodémocratie Apple Daily, arrêté en août pour « collusion avec des puissances étrangères ».

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