16 novembre 2020

Tout s'explique

Un accord de libre-échange signé par 15 pays d’Asie du Sud-Est et du Pacifique

Que prévoit le Partenariat économique régional global ?

15 pays de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique ont signé hier un accord de libre-échange baptisé « Partenariat économique régional global » (RCEP en anglais). Les 10 pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) ainsi que l’Australie, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et la Nouvelle-Zélande en sont les signataires. Cet accord couvre un marché de 2,2 milliards de personnes, soit près de 30 % de la population mondiale. Les pays participants représentent 30 % du PIB mondial (la production totale de biens et services), ce qui fait du texte « le plus grand accord de libre-échange au monde », selon les signataires. Il prévoit notamment de supprimer les droits de douane et les quotas sur près de 65 % des marchandises échangées entre ces pays, précise l’Asean. Négocié depuis 2013, le texte entrera en vigueur deux mois après sa ratification par au moins six États de l’Asean et trois autres pays signataires.

Que représente cet accord de libre-échange sur le plan économique ?

Le marché du RCEP surpasse celui de l’UE, qui représentait près de 19 % du PIB mondial en 2018, selon Eurostat, l’office de statistiques de l’UE. Le RCEP est le premier accord de libre-échange multilatéral signé par la Chine. Il constitue « un succès pour la Chine » et « pose un vrai défi stratégique aux États-Unis », en menaçant « d’affaiblir leurs positions commerciales dans la région », estime Sébastien Jean, directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales, un institut de recherche, interrogé par Le Monde. L’Inde a quitté en novembre 2019 les négociations sur le RCEP, le Premier ministre, Narenda Modi, estimant qu’il ne répondait pas aux « intérêts » du pays. Le déficit commercial de l’Inde avec la Chine s’établissait à près de 53 milliards de dollars en 2018-2019, selon le ministère indien du Commerce.

Qu’est-ce qu’un accord de libre-échange ?

Fin septembre, 306 accords commerciaux régionaux étaient en vigueur dans le monde, selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC), une institution de régulation des échanges internationaux. Définis comme des « accords commerciaux préférentiels réciproques entre deux ou plusieurs partenaires », ils visent principalement à supprimer les droits de douane pour favoriser la libre circulation des biens et des services. L’OMC considère ces accords comme contraires au principe de non-discrimination entre ses membres, mais elle les autorise à en conclure à condition de respecter certains critères, comme le fait de ne pas opposer d’obstacles au reste du commerce mondial ou d’inclure un nombre important de secteurs. Un comité a été mis en place par l’OMC pour analyser leurs implications sur le système commercial multilatéral.

POUR ALLER PLUS LOIN

L’article de Brief.eco sur les accords de libre-échange.