23 novembre 2020

Tout s'explique

Inquiétude sur les visons contaminés par le virus du Covid-19

Quelle est l’ampleur de la propagation du coronavirus dans les élevages de visons en France ?

Le ministère de l’Agriculture a ordonné hier l’abattage de la totalité des 1 000 visons d’Amérique d’un élevage situé dans l’Eure-et-Loir, après la détection de contaminations au virus du Covid-19 dans cet élevage. Les résultats des analyses réalisées sur les éleveurs sont négatifs. Parmi les trois autres élevages de visons que compte la France, deux sont en cours d’analyse et le quatrième « est indemne », rapporte le ministère de l’Agriculture. Six autres pays ont signalé la présence du coronavirus chez des visons d’élevage, selon une note du 6 novembre de l’Organisation mondiale de la santé, une agence de l’ONU : le Danemark, l’Espagne, les États-Unis, l’Italie, les Pays-Bas et la Suède. Au Danemark, le ministre de l’Agriculture a démissionné mercredi après avoir reconnu que l’ordre d’abattre la dizaine de millions de visons du pays au début du mois n’avait pas de fondement légal.

Que sait-on des mutations du virus chez les visons ?

Environ 170 variantes du virus à l’origine du Covid-19, le Sras-CoV-2, ont été détectées dans 40 fermes de visons au Danemark, rapporte dans la revue Nature Jannik Fonager, virologue au Statens Serum Institut, un institut danois de santé publique. Dans une note publiée le 6 novembre, l’OMS estimait que plus de 200 personnes avaient été infectées par des mutations du virus au Danemark. « À mesure que les virus se déplacent entre les populations humaines et animales, des modifications génétiques peuvent survenir dans le virus », explique l’OMS dans sa note. Parmi ces mutations, celle nommée « cluster 5 » inquiète particulièrement les autorités sanitaires, car elle diminue « la sensibilité aux anticorps neutralisants », selon l’OMS, et pourrait montrer une plus grande résistance aux vaccins. Elle a infecté 12 personnes entre août et mi-septembre, mais aucun nouveau cas n’a été détecté depuis, a rapporté jeudi le Statens Serum Institut, qui estime que « cette mutation n’est probablement plus en circulation ».

Quels sont les risques de transmission du virus chez les animaux ?

L’agence nationale de sécurité sanitaire Anses, un établissement public, souligne dans un article publié jeudi que la transmission depuis les visons infectés vers l’être humain est « vraisemblablement à relier au contexte de forte pression virale due à une densité élevée de la population animale au sein de ces élevages ». Plusieurs espèces, comme les chiens ou les lapins, sont réceptives au virus, c’est-à-dire qu’elles peuvent l’héberger sans forcément développer de symptômes, ajoute l’Anses. D’autres, telles que les chats, les hamsters ou les furets, sont réceptives et sensibles au Sras-CoV-2, c’est-à-dire qu’elles développent des signes cliniques. Ces animaux peuvent transmettre le virus à leurs congénères, mais aucune contamination vers une autre espèce ou vers l’être humain n’a été signalée à ce jour. L’Anses recommande toutefois d’adopter les gestes barrières en présence d’une espèce réceptive.

POUR ALLER PLUS LOIN

La note de l’Anses sur la présence du virus chez les animaux.