25 novembre 2020

Tout s’explique

La stratégie de l’exécutif face au Covid-19

Qu’a annoncé Emmanuel Macron ?

Emmanuel Macron a annoncé hier soir un allègement en trois étapes des règles sanitaires liées à l’épidémie de Covid-19. La première débute samedi avec la réouverture des commerces et la reprise des services à domicile, jusqu’à 21h au plus tard. L’attestation de déplacement reste en vigueur, mais l’autorisation de promenade est étendue à un périmètre de 20 kilomètres et une durée de trois heures. Les activités extrascolaires en plein air et les offices religieux peuvent reprendre. À partir du 15 décembre, si le nombre de contaminations passe à 5 000 par jour contre 20 000 en moyenne la semaine dernière, les cinémas, théâtres et musées rouvriront et un couvre-feu remplacera le confinement. Ce couvre-feu ne s’appliquera cependant pas les 24 et 31 décembre. Le 20 janvier, si la situation sanitaire reste stable, ce sera au tour des restaurants et des salles de sport de rouvrir.

Quelle est la stratégie envisagée pour éviter une troisième vague ?

La stratégie s’articule toujours autour du dépistage, du traçage et de l’isolement. Emmanuel Macron a souhaité hier que « le gouvernement et le Parlement prévoient les conditions pour s’assurer de l’isolement des personnes contaminées, y compris de manière plus contraignante ». Les personnes en quarantaine « seront accompagnées sur le plan matériel, sanitaire, psychologique », a affirmé le chef de l’État. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a précisé aujourd’hui que des « discussions sont en cours avec les deux chambres » sur cette question. Dans un entretien au Monde, le président du conseil scientifique chargé de conseiller le gouvernement, Jean-François Delfraissy, prônait vendredi des incitations financières pour pousser « les gens à respecter l’isolement », sans le rendre obligatoire pour que l’incitation à se faire tester ne baisse pas.

Quel est l’impact psychologique de la crise du Covid-19 ?

« Le virus fait moins peur, mais les gens sont davantage déprimés car ils ne voient pas l’avenir », a affirmé hier à Franceinfo le psychiatre Nicolas Franck. Santé publique France, un organisme public dépendant du ministère de la Santé, notait il y a deux semaines une augmentation significative des états dépressifs avec le deuxième confinement. L’organisme s’appuie sur une série d’enquêtes réalisées sur des échantillons de 2 000 personnes de 18 ans et plus. Elles montrent que près de 11 % des personnes interrogées fin septembre se caractérisaient par un état dépressif et que ce chiffre est monté à près de 21 % début novembre. Interrogé ce matin sur France Culture, le psychiatre Serge Hefez constate une augmentation de la consommation d’antidépresseurs et d’anxiolytiques ainsi que des tentatives de suicide. Il juge que les réponses apportées par les pouvoirs publics « sont pauvres ».

POUR ALLER PLUS LOIN

Les chiffres de l’épidémie en infographies.