30 novembre 2020

Tout s’explique

Mort d’un des responsables du programme nucléaire iranien

Qui était le scientifique mort dans une attaque en Iran ?

Des cérémonies ont eu lieu ce week-end en Iran pour commémorer le physicien iranien Mohsen Fakhrizadeh, mort vendredi. Mohsen Fakhrizadeh a été tué dans une attaque au véhicule piégé sur une route près de Téhéran, suivie d’une fusillade visant sa voiture. Le président iranien, Hassan Rohani, a accusé Israël d’avoir mené l’attaque, mais aucune revendication n’a été formulée. Chef du département recherche et innovation du ministère de la Défense, Mohsen Fakhrizadeh était « un éminent scientifique dans les domaines du nucléaire et de la défense », a souligné l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien. En 2018, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, l’avait présenté comme le chef d’un programme nucléaire iranien à visée militaire.

Pourquoi l’Iran accuse-t-il Israël ?

Benjamin Netanyahou a accusé en avril 2018, puis en septembre 2019, l’Iran de mener un programme secret pour se doter d’armes nucléaires. L’Iran a attribué à plusieurs reprises à Israël des attaques contre ses installations nucléaires ou des scientifiques, sans que ces faits soient établis ni revendiqués. « Officiellement, la stratégie de l’ambiguïté est de rigueur en Israël, avec pour but de ne pas encourir de représailles » de la part de ses ennemis, analysait Ely Karmon, chercheur à l’Institut international de lutte contre le terrorisme, un centre de recherche israélien, dans Le Point en juillet. L’opposition entre Israël et l’Iran se manifeste principalement dans des pays tiers, notamment en Syrie où Israël a revendiqué à plusieurs reprises des frappes aériennes contre des positions de l’Iran et de ses alliés.

Où en est l’accord sur le nucléaire iranien ?

En 2015, l’Iran a signé avec six pays et l’UE l’accord de Vienne, qui vise à limiter ses capacités nucléaires en échange de la levée de sanctions économiques. Les États-Unis s’en sont retirés en 2018 et ont rétabli des sanctions contre l’Iran. En riposte, le président iranien a annoncé en mai 2019 s’affranchir de la limite de stock d’uranium enrichi autorisée par l’accord. L’Agence internationale de l’énergie atomique, une agence de l’ONU, a affirmé ce mois-ci que l’Iran a continué d’accumuler de l’uranium au-delà des limites imposées. En janvier, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont lancé une procédure prévue par l’accord afin de contraindre l’Iran à revenir à ses engagements. Cette procédure peut conduire au rétablissement des sanctions de l’ONU. Les trois États européens se sont toutefois abstenus de voter mi-août une résolution des États-Unis à l’ONU visant à prolonger un embargo sur les armes en Iran.

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