10 décembre 2020

Tout s'explique

Les blocages entre le Royaume-Uni et l’Union européenne

Où en sont les négociations ?

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont discuté hier des obstacles à la signature d’un accord commercial applicable dès 2021 entre le Royaume-Uni et l’UE. La présidente de l’exécutif européen a déclaré hier soir, après l’entrevue, que les positions des deux parties restaient « très éloignées ». Les deux dirigeants ont annoncé, dans des communiqués séparés, que les négociations se poursuivaient et qu’une décision devrait être prise avant la fin du week-end. Le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne le 31 janvier 2020, en application du choix fait par la population britannique lors d’un référendum organisé en juin 2016. Depuis le 1er février, les deux parties sont dans une période de transition prévue pour durer jusqu’au 31 décembre. Jusque-là, le droit de l’UE continue de s’appliquer au Royaume-Uni, en particulier la libre circulation des personnes, des marchandises, des services et des capitaux.

Quels sont les points de désaccord ?

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a déclaré aujourd’hui que l’UE devait « bouger significativement » sur les questions de la pêche et du « level playing field » (« des règles du jeu équitables »). Le maintien de l’accès des marins des pays européens aux eaux britanniques, vastes et poissonneuses, est l’un des sujets de désaccord entre le Royaume-Uni, qui souhaite largement le réduire, et l’UE, en particulier la France. Les États membres de l’UE souhaitent également que le Royaume-Uni ne puisse pas leur mener une concurrence déloyale lorsqu’il ne sera plus tenu au respect du droit européen. « Pour accéder au marché unique européen, les Britanniques devront respecter toutes nos règles, en particulier les normes environnementales, sociales et sanitaires, ainsi que le contrôle des aides d’État », expliquait en janvier aux Échos le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton.

Pourquoi le cas de l’Irlande du Nord a-t-il de nouveau posé problème ?

Maros Sefcovic, l’un des vice-présidents de la Commission européenne, et le membre du gouvernement britannique Michael Gove ont annoncé mardi avoir conclu un accord résolvant les problèmes autour de la question de l’Irlande du Nord. Ils n’en ont pas publié les détails. L’une des difficultés du Brexit a été d’éviter le rétablissement d’une frontière entre l’Irlande du Nord, membre du Royaume-Uni, et la République d’Irlande, membre de l’UE. Les contrôles à la frontière entre les deux Irlande ont été supprimés en 1998 par un accord de paix ayant mis fin à 30 ans d’un conflit meurtrier. L’accord sur le Brexit conclu en octobre 2019 entre le Royaume-Uni et l’UE prévoit donc des contrôles sur les marchandises entrant en Irlande du Nord depuis le reste du Royaume-Uni. Dans un projet de loi présenté en septembre, le gouvernement britannique avait cependant inclus des dispositions rendant possible une remise en cause de cette partie de l’accord sur le Brexit. Le gouvernement britannique a annoncé mardi qu’il renonçait à ces dispositions.