11 décembre 2020

Tout s'explique

Le Maroc annonce vouloir reprendre des relations avec Israël

Quelle décision le Maroc a-t-il annoncée ?

Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé hier en fin d’après-midi que le Maroc et Israël avaient « accepté » d’entretenir « des relations diplomatiques complètes », ce qu’il a qualifié d’« énorme avancée pour la paix au Moyen-Orient ». Un communiqué publié par le ministère marocain des Affaires étrangères confirme que le roi du Maroc, Mohammed VI, s’est entretenu par téléphone avec le président américain et l’a informé que son pays entendait reprendre des relations diplomatiques avec Israël « dans les meilleurs délais ». Il a également annoncé son intention d’accorder des autorisations pour des vols directs entre le Maroc et Israël. Le communiqué marocain insiste sur un autre point discuté au cours de l’échange avec le président américain : Donald Trump a proclamé hier que les États-Unis reconnaissaient la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, une région disputée depuis la fin de la colonisation espagnole en 1975.

Quels autres pays arabes ont changé de politique vis-à-vis d’Israël ?

Depuis la création de l’État d’Israël en 1948, la plupart des États arabes ont refusé d’entretenir des relations avec lui. L’Égypte et la Jordanie ont été les premières exceptions, en 1979 et 1994. Le 15 septembre 2020, deux autres pays arabes, les Émirats arabes unis et Bahreïn, ont signé aux États-Unis, en présence de Donald Trump, des accords avec Israël pour la normalisation de leurs liens diplomatiques. Dominique Vidal, historien et journaliste, spécialiste du Proche-Orient, expliquait alors à B‌r‌i‌e‌f‌.‌m‌e que ces pays souhaitaient développer leurs relations avec Israël et les États-Unis pour des raisons économiques et pour « faire face à la menace iranienne ». Le Maroc avait déjà noué des relations diplomatiques avec Israël en 1994, après les accords de paix israélo-palestiniens d’Oslo. Ces relations avaient cependant été suspendues en 2000, après la « Seconde Intifida », une insurrection palestinienne. Mohammed VI a tenu à rappeler hier qu’il soutenait toujours la création d’un État palestinien.

Quelle est la situation au Sahara occidental ?

La reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental est importante pour les autorités marocaines. Ce territoire est disputé depuis les accords de Madrid de 1975 qui ont mis fin à la colonisation espagnole du territoire en le répartissant entre la Mauritanie et le Maroc. Le Front Polisario, un mouvement armé qui luttait contre la présence espagnole depuis 1973, s’oppose depuis à la présence du Maroc, qui a annexé la partie libérée par la Mauritanie en 1979. En février 1976, le Front Polisario a proclamé l’indépendance du Sahara occidental sous le nom de République arabe sahraouie démocratique. Celle-ci n’est pas reconnue par l’ONU, qui ne reconnaît pas non plus la souveraineté du Maroc sur le territoire, mais elle est depuis 1982 membre de l’Union africaine, qui rassemble la quasi-totalité des États du continent. Le Front Polisario bénéficie en particulier du soutien de l’Algérie. Le conflit du Front Polisario avec le Maroc a abouti à un cessez-le-feu en 1991 et une mission de maintien de la paix de l’ONU est depuis déployée sur le terrain.

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