14 décembre 2020

Tout s'explique

Les promesses du sommet pour le climat

Quels nouveaux engagements ont pris les États ?

Cinq ans jour pour jour après la signature de l’accord de Paris sur le climat, l’ONU, la France et le Royaume-Uni ont organisé samedi un sommet sur l’ambition climatique. 75 chefs d’État et de gouvernement y ont participé, en visioconférence. Les participants y ont pris plusieurs engagements. L’Union européenne a présenté son nouvel objectif de réduction de ses émissions, qui avait fait l’objet la veille d’un accord entre les dirigeants des 27 États membres. Elle prévoit une baisse de 55 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990, contre 40 % auparavant. Le président chinois, Xi Jinping, a annoncé que son pays allait réduire son intensité carbone – le rapport des émissions de CO2 au PIB (la production totale de biens et services) – de 65 % d’ici 2030. Le Pakistan s’est engagé à ne plus construire de nouvelles centrales à charbon et à planter 10 milliards d’arbres dans les trois ans. Enfin, le Royaume-Uni a annoncé qu’il allait cesser de financer des projets d’énergies fossiles à l’étranger.

Où en sont les engagements pris lors de l’accord de Paris ?

En 2015, lors de la COP21, une conférence sur le climat, les 194 pays ayant adopté l’accord de Paris s’étaient engagés à contenir la température moyenne de la planète en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels d’ici 2100 et dans la mesure du possible à limiter la hausse à 1,5 °C. Selon un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement, publié le 9 décembre, le monde se dirige vers une augmentation de la température de 3 °C d’ici la fin du siècle. Pour atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris, l’ONU estime désormais qu’il faudrait réduire les émissions de CO2 mondiales de 7,6 % par an. En 2019, les émissions de gaz à effet de serre en équivalent CO2 ont atteint un niveau record à 59,1 milliards de tonnes, soit une augmentation de 2,6 % par rapport à 2018. En raison de la pandémie de Covid-19, le Global Carbon Project, un consortium de scientifiques, prévoit une baisse inédite de 6,8 % en 2020.

En quoi la Chine joue-t-elle un rôle majeur ?

Premier émetteur mondial, la Chine, où de nombreux pays s’approvisionnent en biens manufacturés, représente 28 % des émissions de CO2 dans le monde, selon les données du Global Carbon Project . En 2019, la Chine a émis 10 175 millions de tonnes de CO2, contre 5 285 pour les États-Unis et 2 616 pour l’Inde. Le 22 septembre dernier, Xi Jinping a annoncé devant l’Assemblée générale des Nations unies que la Chine visait désormais la neutralité carbone (l’équilibre entre les émissions de CO2 et leur élimination de l’atmosphère) pour 2060. Le président chinois s’est également engagé à ce que son pays atteigne le pic des rejets de CO2 en 2030. Cependant, les objectifs élevés de la Chine sont suspendus à sa capacité à réduire sa dépendance aux centrales à charbon. La part du charbon dans la consommation d’électricité de la Chine s’est élevée à près de 58 % en 2019, d’après l’ONG Global Energy Monitor.

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