21 décembre 2020

Tout s'explique

Mutation du coronavirus au Royaume-Uni

Pourquoi plusieurs pays ont-ils décidé de nouvelles restrictions depuis le Royaume-Uni ?

Le gouvernement français a annoncé hier la suspension totale des flux de personnes, y compris liés aux transports de marchandises, depuis le Royaume-Uni vers la France pour deux jours. Plusieurs autres pays européens ont également décidé de telles restrictions de voyage depuis le Royaume-Uni hier. Une nouvelle variante du Sras-CoV-2, le virus qui cause le Covid-19, nommée le « VUI-2020-12-01 », se propage en Angleterre et à Londres depuis mi-novembre, a rapporté le gouvernement britannique samedi. Le ministre britannique de la Santé a estimé hier sur Sky News que cette variante était désormais « hors de contrôle ». Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a annoncé samedi un nouveau confinement pour une partie de l’Angleterre et Londres. Quelques cas de cette variante ont été recensés dans d’autres pays, dont en Italie hier.

Comment le virus mute-t-il ?

Le Sras-CoV-2, comme tous les virus, peut muter. Après avoir infecté les cellules, un virus se réplique en réalisant des copies de lui-même et la mutation peut survenir lors de ces répliques, ce qui signifie que le matériel génétique du virus a été modifié. Une mutation peut permettre l’adaptation du virus à une nouvelle espèce ou à un environnement donné et devenir dominante, explique l’OMS. Le ministère sud-africain de la Santé a rapporté aujourd’hui qu’une variante du Sras-CoV-2, proche de celle détectée au Royaume-Uni, dominait depuis deux mois dans les échantillons prélevés. Ces mutations « peuvent dans certains cas avoir un impact, par exemple sur la transmissibilité ou sur la virulence du virus », souligne l’Inserm, un institut de recherche médicale public, dans une note parue en octobre. Les autorités sanitaires britanniques ont rapporté que la nouvelle variante était nettement plus contagieuse que l’ancienne, de l’ordre de 70 %.

Les mutations peuvent-elles résister aux vaccins ?

« Il n’existe aucune preuve à l’heure actuelle que la nouvelle variante cause un taux de mortalité plus élevé ou qu’elle affecte les vaccins et les traitements, même si des travaux urgents sont en cours pour le confirmer », a affirmé hier le conseiller médical en chef du gouvernement britannique, Chris Whitty. Dans le cas de cette variante, les modifications génétiques ont touché à la protéine de spicule, qui permet au Sras-CoV-2 de pénétrer dans les cellules. « Même si un petit bout de cette protéine venait à changer, les anticorps arriveraient tout de même à la reconnaître », a estimé Étienne Simon-Lorière, chercheur à l’Institut Pasteur spécialisé dans les maladies infectieuses, hier dans Le Figaro. Si le virus venait à connaître un grand nombre de mutations, l’efficacité des vaccins pourrait toutefois être affectée, souligne l’OMS. Un tel phénomène nécessiterait de changer leur formule, comme c’est le cas avec ceux de la grippe saisonnière.

POUR ALLER PLUS LOIN

Les questions-réponses de l’OMS sur la mutation du virus.

La note de l’Inserm sur les mutations liées au Sras-CoV-2.