28 décembre 2020

Tout s'explique

Les futures relations entre UE et Royaume-Uni

Quelles seront les conséquences directes de l’accord post-Brexit le 1er janvier ?

Le gouvernement britannique et la Commission européenne ont publié samedi l’intégralité de l’accord encadrant leurs relations post-Brexit auquel ils sont parvenus jeudi. Cet accord a été approuvé aujourd’hui à l’unanimité par les ambassadeurs des 27 États membres de l’UE à titre temporaire, en attendant que le Parlement européen se prononce. À compter du 1er janvier, les échanges de marchandises devront être déclarés en ligne et feront l’objet de contrôles douaniers. Un visa sera nécessaire pour tout séjour de plus de 90 jours des ressortissants européens au Royaume-Uni et inversement. Ceux qui souhaitent immigrer au Royaume-Uni devront obtenir un visa de travail. Les étudiants ne pourront plus bénéficier du système Erasmus pour y intégrer une université. Le changement sera progressif pour les pêcheurs européens qui devront diminuer leurs prises dans les eaux britanniques de 25 % d’ici juin 2026.

Comment a réagi l’Écosse ?

Le Parti national écossais (SNP), qui contrôle 47 des 59 sièges réservés à l’Écosse à la Chambre des communes, a annoncé hier son intention de se prononcer contre l’accord lors du vote prévu le 30 décembre. L’Écosse avait voté à 62 % contre le Brexit lors du référendum organisé en juin 2016. La Première ministre écossaise et dirigeante du SNP, Nicola Sturgeon, réclame depuis ce scrutin un nouveau référendum pour l’indépendance de l’Écosse. « Il est temps de tracer notre propre avenir en tant que nation européenne indépendante », a-t-elle déclaré jeudi sur Twitter, affirmant que « le Brexit arrive contre la volonté de l’Écosse » et qu’« aucun accord ne pourra jamais compenser ce que le Brexit nous enlève ». Lors d’un référendum sur l’indépendance organisé en 2014, le non l’avait emporté avec 55,3 % des suffrages. Mais les dirigeants écossais estiment que le Brexit a modifié la situation. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a rejeté au début de l’année l’organisation d’un nouveau scrutin.

Qu’est-ce que le marché unique européen dont se retire le Royaume-Uni ?

Les pays européens ont mis en place un marché commun, appelé Marché unique, en 1993 et poursuivi l’intégration jusqu’à faire de l’UE une union économique et monétaire. Le Marché unique s’appuie sur une libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux. Pour permettre une concurrence équitable, les pays participants doivent suivre les mêmes règles dans des domaines tels que la concurrence, la protection des consommateurs, les normes sociales ou environnementales. Sans être membres de l’UE, la Norvège, le Liechtenstein, l’Islande et la Suisse bénéficient du Marché unique et acceptent de s’aligner sur les règles européennes. Le Royaume-Uni a refusé cette option pour ne pas dépendre de la réglementation européenne. Cependant, pour que les échanges de marchandises ne soient pas soumis à des droits de douane ou des quotas, il a accepté un mécanisme permettant d’introduire des droits de douane si l’une des parties constate des conditions de concurrence non équitables.

POUR ALLER PLUS LOIN

Le contenu de l’accord résumé par La Tribune.